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TMS : Vous avez mal au travail. C’est peut-être une maladie professionnelle

La première maladie professionnelle en France — et pourquoi 3 salariés sur 4 ne font rien valoir

Les TMS représentent 90 % des maladies professionnelles en France en 2024 — et ont progressé de 6,7 % en un an. Pourtant, entre 50 % et 75 % des salariés qui y ont droit ne font jamais reconnaître leur TMS en maladie professionnelle. Ce guide vous explique ce que sont les TMS, pourquoi ils se développent, et surtout : comment faire valoir vos droits et obtenir une indemnisation.

Nathalie a 47 ans. Hôtesse de caisse dans une grande surface depuis dix-neuf ans. Depuis deux ans, elle ne peut plus ouvrir un bocal le matin. Sa main droite l’élance la nuit, son poignet est gonflé après chaque service. Son médecin a posé le diagnostic en dix minutes : syndrome du canal carpien. Opération programmée. Arrêt de six semaines. Quand elle parle à son employeur, il lui dit que c’est de l’arthrose, que ça n’a rien à voir avec le travail. Quand elle parle à sa CPAM, personne ne lui explique qu’elle peut déclarer ça en maladie professionnelle. Elle ne le sait pas. Personne ne lui a dit.

Ce que vit Nathalie n’est pas exceptionnel. C’est la règle. En France, entre 50 % et 75 % des TMS correspondant à un tableau de maladie professionnelle ne font jamais l’objet d’une déclaration. Des dizaines de milliers de salariés encaissent la douleur, subissent les opérations, et perdent leurs droits — simplement parce que personne ne leur a expliqué ce à quoi ils ont droit.

Cet article est là pour changer ça.

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Votre douleur est peut-être une maladie professionnelle Épaule, coude, poignet, dos, genou — identifiez votre TMS en un clic et découvrez vos droits.

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Qu’est-ce qu’un TMS ? Définition et mécanisme

Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont des atteintes de l’appareil locomoteur dont la survenue peut être favorisée — parfois causée directement — par l’activité professionnelle. Ils affectent les muscles, les tendons, les nerfs, les ligaments et les articulations, principalement au niveau des membres supérieurs et du dos.

Contrairement à une blessure soudaine, le TMS s’installe progressivement. Il résulte de microtraumatismes cumulés : des gestes répétés des centaines de fois par jour, des postures maintenues trop longtemps, des vibrations chroniques, des efforts disproportionnés. Le corps ne récupère pas assez vite entre les sollicitations, et les tissus finissent par lâcher.

« Un TMS ne se déclenche pas en un geste. Il s’installe sur des semaines, des mois, parfois des années. C’est sa force — et son piège. »

Les TMS les plus fréquents par localisation

Voici les principales pathologies reconnues, leur tableau de MP correspondant, et les gestes en cause :

LocalisationPathologie principaleTableau MPGestes en cause
ÉpauleTendinopathie coiffe des rotateursTab. 57 ABras en l’air, port de charges
CoudeÉpicondylite (tennis elbow)Tab. 57 BVissage, foreuse, caisse enregistreuse
Poignet / mainSyndrome du canal carpienTab. 57 CClavier, cisailles, vibrations
Poignet / mainTendinite de De QuervainTab. 57 CPinces fines, assemblage
GenouHygroma du genouTab. 79Travail à genoux (carreleurs, plombiers)
Dos / rachisLombalgie professionnelleTab. 98Manutention manuelle, posture prolongée

Source : INRS / Assurance Maladie — tableaux des maladies professionnelles du régime général.

ℹ Les TMS des membres inférieurs sont moins fréquents mais bien reconnus — notamment l’hygroma du genou (carreleurs, plombiers) sous le tableau 79, et les lésions du ménisque sous le tableau 79 bis.

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Cet outil est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, consultez votre médecin traitant ou le médecin du travail. Outil réalisé par mondedutravail.fr — mise à jour mars 2026.

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Qui est touché ? Les secteurs et profils à risque

Les TMS touchent tous les secteurs d'activité, mais leur concentration varie fortement selon les métiers et les conditions de travail. En 2024, sept secteurs concentrent la grande majorité des cas reconnus.

SecteurPourquoi exposéTMS les plus fréquents
AgroalimentaireChaînes de découpe, froid, gestes répétitifs à cadence imposéeCanal carpien, tendinite épaule
BTPPort de charges, vibrations, postures extrêmesLombalgie, hygroma du genou, épaule
Transport / logistiqueManutention, conduite prolongée, chargementLombalgie, épaule, coude
Aide et soinsTransferts patients, postures prolongées, travail de nuitÉpaule, lombalgie, genou
Commerce / caisseGestes répétitifs, station debout prolongéeCanal carpien, épaule, dos
Métallurgie / autoOutillage vibrant, vissage, assemblageÉpicondylite, canal carpien
PropretéGestes répétitifs, postures contraintes, produits chimiquesÉpaule, canal carpien, dos
Télétravail / bureautiquePosture statique, clavier/souris intensif, mauvais équipementCanal carpien, cervicalgies, dos

Parmi les données les plus importantes à retenir : dans la fonction publique hospitalière, les TMS représentent 94,8 % des maladies professionnelles. Dans la fonction publique territoriale, ce taux monte à 97,1 %. Les aides-soignantes, les agents de collecte et les agents des espaces verts sont parmi les profils les plus touchés.

Une tendance émergente mérite attention : le télétravail et les métiers du bureau. Mal équipés, mal positionnés devant leur écran, soumis à une intensité de travail qui s'est accentuée avec la généralisation des outils numériques, les travailleurs sédentaires développent de plus en plus de cervicalgies, de syndromes du canal carpien et de douleurs lombaires chroniques.

ℹ Les femmes sont surreprésentées dans les TMS : elles représentent plus de 60 % des cas de syndrome du canal carpien reconnus. Les travailleurs de plus de 45 ans, dont les capacités de récupération diminuent, voient leur risque augmenter significativement.

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Les facteurs de risque : ce qui crée les TMS

Les facteurs biomécaniques — ce qui se voit

Les facteurs biomécaniques représentent environ 80 % des agents à l'origine des TMS. Ce sont les plus visibles, les plus documentés — et souvent les plus faciles à corriger si la volonté est là.

  • La répétitivité : effectuer le même geste des centaines de fois par jour sans temps de récupération suffisant. Le délai entre deux répétitions du même mouvement est un indicateur clé.
  • Les efforts excessifs : soulever, tirer, pousser des charges trop lourdes pour les capacités du corps ou les conditions d'exécution (sol glissant, espace réduit, prise difficile).
  • Les postures extrêmes : travailler les bras au-dessus des épaules, le dos fléchi, le cou en rotation forcée, les poignets en extension. Plus la posture s'écarte de la position neutre, plus le risque augmente.
  • Les vibrations mécaniques : conducteurs d'engins, utilisateurs de marteaux-piqueurs, de meuleuses ou de perçeuses sont soumis à des vibrations qui abîment progressivement les articulations.
  • Les ambiances physiques : froid, humidité, éclairage insuffisant. Un environnement qui contraint le corps à adopter des postures compensatoires invisibles mais destructrices.

Les facteurs psychosociaux — ce qui se vit

C'est la partie la moins intuitive des TMS — et pourtant l'une des mieux documentées. Les facteurs organisationnels, relationnels et éthiques (FORE) sont associés à la moitié des cas de TMS. Le management y contribue pour un tiers à lui seul.

  • Le travail à cadence imposée sans marge de manœuvre : quand le salarié ne peut pas adapter son rythme, les microtraumatismes s'accumulent sans récupération possible.
  • Le manque d'autonomie et de contrôle sur les tâches : ne pas pouvoir organiser son travail augmente la tension musculaire permanente.
  • L'absence de soutien social : l'isolement, le management défaillant, les conflits de rôle créent une charge psychique qui se traduit physiquement par une augmentation de la tension musculaire.
  • La monotonie et la répétitivité mentale : faire le même geste sans sens ni variation mobilise les mêmes muscles en continu sans la stimulation cognitive qui permet de les alterner naturellement.

« Les TMS ne sont pas seulement une question de poste de travail. Ils sont aussi une question de management, d'organisation, et de sens donné au travail. »

⚠ Point de vigilance : depuis plusieurs années, les données montrent une corrélation forte entre TMS et souffrance psychique. Un salarié en burn-out ou en situation de harcèlement développe statistiquement plus de TMS — et réciproquement. Les deux pathologies se nourrissent mutuellement.

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Comment faire reconnaître son TMS en maladie professionnelle ?

C'est la section la plus importante de cet article. Parce que c'est là que les droits se jouent — et que la grande majorité des salariés perdent ce à quoi ils ont droit par méconnaissance de la procédure.

La voie royale : les tableaux de maladies professionnelles

En France, la reconnaissance d'une maladie professionnelle repose principalement sur des tableaux officiels définis par décret. Pour les TMS, le tableau n° 57 du régime général est le plus utilisé — il couvre la quasi-totalité des pathologies périarticulaires liées aux gestes et postures.

Si votre pathologie figure dans un tableau ET que vous remplissez les conditions (délai de prise en charge, type de travaux exposants), la présomption d'imputabilité s'applique automatiquement : vous n'avez pas à prouver le lien entre votre maladie et votre travail. C'est à votre employeur de prouver le contraire.

✓ Exemple : vous êtes hôtesse de caisse depuis 5 ans et développez un syndrome du canal carpien. Ce TMS figure au tableau 57 C. Votre poste implique des gestes répétitifs avec le poignet. La présomption s'applique — la reconnaissance est de droit si le délai est respecté.

La voie complémentaire : le CRRMP

Si votre pathologie ne figure pas dans un tableau, ou si une condition n'est pas remplie (délai dépassé, travaux non listés), la reconnaissance reste possible via le Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). Deux conditions cumulatives doivent alors être remplies : votre maladie doit être directement et essentiellement causée par votre travail habituel, et elle doit entraîner une incapacité permanente partielle (IPP) d'au moins 25 %.

La procédure pas à pas

#PhaseCe qui se passe
1Consulter le médecinVotre médecin traitant établit le certificat médical initial (CMI) décrivant la pathologie et son lien présumé avec le travail.
2Déclarer à la CPAMVous adressez la déclaration de MP et le CMI à votre CPAM dans les 15 jours suivant la cessation de travail ou la date de diagnostic.
3Instruction du dossierLa CPAM vérifie les conditions du tableau (pathologie, délai, exposition). Elle envoie un questionnaire à vous et à votre employeur. Délai : 3 à 4 mois.
4Décision CPAMReconnaissance → prise en charge à 100%, rente si IPP. Refus → recours possible devant la Commission médicale de recours amiable (CMRA).
5Si hors tableau : CRRMPSi une condition manque, la CPAM saisit le Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles. L'avis du CRRMP s'impose à la CPAM.

⚠ Le délai de 15 jours pour déclarer à la CPAM est calculé à partir de la cessation de travail ou de la première constatation médicale. Ne tardez pas — une déclaration tardive peut fragiliser votre dossier même si votre maladie est clairement d'origine professionnelle.

Les documents à réunir

  • Le certificat médical initial (CMI) établi par votre médecin traitant — pièce maîtresse du dossier
  • Vos fiches de paie ou tout document prouvant votre ancienneté dans le poste exposant
  • Une description précise de vos tâches et gestes professionnels (rédigée avec votre médecin du travail si possible)
  • Tout signalement préalable de douleurs au médecin du travail ou à l'employeur
  • Les rapports du médecin du travail, du CHSCT ou du CSE mentionnant ce risque

ℹ Rapport de la Cour des comptes (juillet 2025) : la procédure de reconnaissance des MP dure en moyenne 3 à 4 mois dans le régime général. La Cour recommande une simplification et une dématérialisation accélérée. Des modifications du tableau 57 pour l'épaule, le poignet et le coude sont également envisagées pour faciliter les reconnaissances.

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Vos droits après reconnaissance : ce que vous pouvez obtenir

La prise en charge à 100 %

Dès que votre TMS est reconnu maladie professionnelle, l'ensemble des frais médicaux liés à cette pathologie est pris en charge intégralement par l'Assurance Maladie : consultations, kinésithérapie, médicaments, chirurgie. Vous présentez votre feuille de maladie professionnelle à chaque professionnel de santé — tout est gratuit.

Les indemnités journalières

Pendant votre arrêt de travail, vous percevez des indemnités journalières calculées sur la base de votre salaire journalier de base. Le taux est de 60 % les 28 premiers jours, puis de 80 % à partir du 29e jour. Aucun jour de carence — contrairement à un arrêt maladie classique où 3 jours ne sont pas couverts par la Sécurité sociale.

La rente en cas de séquelles

Si votre TMS laisse des séquelles évaluées à un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) d'au moins 10 %, vous percevez une rente viagère. Pour les TMS du tableau 57, les taux d'IPP varient selon la gravité : une épicondylite légère non opérée peut atteindre 5 %, un syndrome du canal carpien opéré se situe souvent entre 8 % et 12 %, une tendinite chronique bilatérale sévère peut dépasser 15 %.

La faute inexcusable de l'employeur

Si votre employeur avait conscience du risque TMS et n'a pas pris les mesures nécessaires — absence de rotation des postes, absence de formation gestes et postures, DUERP ne mentionnant pas le risque malgré des signalements — vous pouvez engager une procédure de faute inexcusable. Elle ouvre droit à une majoration de la rente jusqu'à 100 % du salaire annuel et à l'indemnisation de préjudices complémentaires (souffrances, préjudice esthétique, déficit fonctionnel permanent).

ℹ Pour tout comprendre sur la faute inexcusable : consultez notre guide complet sur mondedutravail.fr — conditions, preuves, procédure et estimation de l'indemnisation.

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La prévention : obligations de l'employeur et leviers concrets

L'employeur est soumis à une obligation légale d'évaluation et de prévention des risques TMS, qui s'inscrit dans son obligation générale de sécurité (article L.4121-1 du Code du travail). Cette obligation est de moyens — mais des moyens sérieux, documentés, et effectivement appliqués.

Le DUERP — Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels

Tout employeur doit identifier les postes exposants aux TMS dans son DUERP et prévoir des mesures de prévention adaptées. Une entreprise dont le DUERP ne mentionne pas les TMS alors que plusieurs salariés ont été opérés du canal carpien est en situation de manquement manifeste. C'est l'une des preuves les plus solides en cas de faute inexcusable.

Les 5 leviers de prévention efficaces

  • Aménagement ergonomique des postes : hauteur de plan de travail, orientation des outils, anti-fatigue au sol, supports d'avant-bras. Les investissements sont souvent modestes et les gains rapides.
  • Rotation des postes et polyvalence : alterner les gestes sollicités réduit la répétitivité sur une même articulation. C'est l'une des mesures les plus efficaces dans les secteurs industriels.
  • Formation aux gestes et postures : non pas une formation générique annuelle, mais une formation adaptée à chaque poste, régulièrement mise à jour. Obligatoire pour les postes à risque.
  • Pauses régulières et micro-récupérations : l'INRS recommande des pauses courtes toutes les 45 à 60 minutes pour les postes exposants. Simple, peu coûteux, très efficace.
  • Prise en compte des facteurs psychosociaux : réduire les cadences imposées, donner de l'autonomie, améliorer les relations de travail. La prévention des RPS est aussi une prévention des TMS.

⚠ Selon les données INRS : en 2021, les TMS ont entraîné la perte de plus de 11 millions de journées de travail et 1 milliard d'euros de frais couverts par les cotisations des entreprises du seul régime général. La prévention est un investissement — pas un coût.

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Sous-déclaration : pourquoi tant de salariés ne font pas valoir leurs droits

C'est le scandale silencieux des TMS en France. Entre 50 % et 75 % des TMS correspondant à un tableau de maladie professionnelle ne sont jamais déclarés. Pourquoi ?

  • La méconnaissance de la procédure : la grande majorité des salariés ne savent pas qu'un syndrome du canal carpien, une épicondylite ou une tendinopathie de l'épaule peuvent être reconnus MP. Personne ne le leur dit — ni le médecin traitant qui traite la douleur, ni l'employeur qui préférerait que ça reste un arrêt maladie classique.
  • La peur des représailles : surtout dans les petites entreprises, beaucoup de salariés craignent des tensions avec leur employeur s'ils déclenchent une procédure MP. Cette peur est souvent infondée juridiquement — mais elle est réelle.
  • La complexité perçue de la procédure : formulaires, délais, questionnaires, médecin conseil… Pour un salarié qui souffre et essaie de guérir, la démarche paraît insurmontable.
  • Les délais de reconnaissance : 3 à 4 mois en moyenne, selon la Cour des comptes. Du temps pendant lequel beaucoup abandonnent.

« 3 salariés sur 4 n'ont jamais déclaré leur TMS en maladie professionnelle. Ils ont perdu leurs droits sans même savoir qu'ils en avaient. »

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FAQ — Les questions fréquentes

Mon médecin n'a pas parlé de maladie professionnelle. Puis-je quand même déclarer ?

Oui. C'est vous qui initiez la déclaration, pas votre médecin. Il doit simplement rédiger le certificat médical initial. Vous pouvez lui demander explicitement d'y mentionner le lien possible avec votre activité professionnelle. Si il ne connaît pas la procédure, le médecin du travail peut vous orienter.

Mon employeur dit que mes douleurs n'ont rien à voir avec le travail. Que faire ?

Cette affirmation de l'employeur est sans valeur juridique. C'est la CPAM — et non votre employeur — qui décide de la reconnaissance. Votre employeur sera simplement informé et pourra présenter ses observations, mais il n'a pas de droit de veto. Déclarez auprès de votre CPAM indépendamment de ce que dit votre employeur.

Puis-je déclarer un TMS plusieurs années après son apparition ?

Oui, sous conditions. Pour le tableau 57, le délai de prise en charge varie selon la pathologie — il est en général de 1 an après la cessation d'exposition. Pour une reconnaissance via le CRRMP (hors tableau), le délai est de 2 ans. Passé ces délais, la reconnaissance reste théoriquement possible mais très difficile à obtenir.

Mon TMS a été opéré. Est-il encore possible de faire une déclaration ?

Oui. La date de première constatation médicale fait foi — pas la date de l'opération. Si votre chirurgien a établi un diagnostic il y a moins d'un an, vous êtes probablement encore dans les délais. Consultez rapidement votre médecin du travail ou un avocat spécialisé pour vérifier.

Un TMS peut-il entraîner un licenciement pour inaptitude ?

Si votre TMS laisse des séquelles importantes, le médecin du travail peut vous déclarer inapte à votre poste. L'employeur doit alors chercher à vous reclasser. Si le reclassement est impossible ou refusé, un licenciement pour inaptitude peut intervenir — avec des indemnités spécifiques plus favorables quand l'inaptitude est d'origine professionnelle. C'est un sujet qui mérite un accompagnement juridique.

Le télétravail peut-il causer des TMS reconnus en maladie professionnelle ?

Oui. Les TMS liés au télétravail (canal carpien, cervicalgies, lombalgies) relèvent des mêmes tableaux que ceux développés en entreprise. La difficulté est de prouver les conditions d'exposition — un poste mal équipé à domicile est plus difficile à documenter qu'un poste d'usine. Le médecin du travail reste l'interlocuteur clé pour établir ce lien.

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Ce que les chiffres disent que les entreprises ne font pas assez

En vingt ans de terrain — usines agroalimentaires, chaînes de montage automobile, entrepôts logistiques — j'ai vu des dizaines de salariés opérés deux, trois fois du canal carpien sans jamais changer de poste. Des aides-soignantes avec des épaules à 40 % d'IPP qui continuaient à faire des transferts de patients faute de protocole de prévention. Des carreleurs dont les genoux étaient à bout à 50 ans, sans que personne ne songe à leur proposer une déclaration MP.

Les TMS ne sont pas une fatalité. Ce sont des pathologies évitables, documentées, prévisibles. Et quand elles surviennent malgré tout, elles ouvrent des droits précis, protecteurs, qui existent depuis des décennies — et que la majorité des victimes ne connaissent pas.

Si cet article vous permet d'enclencher une déclaration que vous n'auriez pas faite autrement, ou de mettre en place une rotation de postes qui évitera une opération dans deux ans, il aura servi à quelque chose de concret.

Les TMS sont la première maladie professionnelle en France. Ce n'est pas une statistique abstraite. C'est le corps de millions de salariés qui parle.

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✓ Cet article a été rédigé par Driss Rezzoum — Consultant expert prévention, fondateur CHIFAA Bordeaux · mondedutravail.fr et relu par Sarah, juriste en droit social. Sources : INRS, Assurance Maladie Rapport 2024, Santé publique France, Cour des comptes juillet 2025. Il ne constitue pas un avis juridique — consultez un médecin du travail ou un avocat spécialisé pour votre situation personnelle.

mondedutravail.fr — Retrouvez aussi notre guide sur la faute inexcusable de l'employeur, notre simulateur d'indemnités AT 2026 et notre orienteur juridique burn-out AT/MP.

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Consultant Expert en Ressources Humaines et Prévention des Risques Professionnels. Fondateur du cabinet CHIFAA à Bordeaux, Driss Rezzoum dirige la ligne éditoriale de Mondedutravail.fr. Spécialiste de la santé au travail et du droit social, il intervient quotidiennement en entreprise pour garantir la sécurité et le bien-être des salariés. Sur ce média, il s'engage à rendre l'expertise juridique et RH accessible à tous, en validant chaque guide pour garantir sa conformité avec la législation française actuelle.

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