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Frais de télétravail : Ce que vous pouvez vous faire rembourser par votre entreprise

Frais de télétravail 2026 : ce que votre employeur doit vous rembourser La Rédaction mondedutravail.fr — Mis à jour avril 2026


Vous travaillez depuis chez vous et vous supportez des frais que vous n’auriez pas en présentiel — électricité, chauffage, connexion internet, matériel. L’employeur est-il obligé de les rembourser ? Et surtout, combien pouvez-vous réellement percevoir en 2026 ?

Concrètement, un salarié peut percevoir jusqu’à 59,40 € par mois sans accord collectif, et jusqu’à 72,60 € avec accord, sans cotisations ni impôt dans certaines conditions.

Voici les règles applicables en 2026 pour le remboursement des frais de télétravail, expliquées simplement et sans approximation.


À retenir en 30 secondes

  • Le remboursement des frais de télétravail n’est pas automatique, mais repose sur le principe des frais professionnels
  • Aucun montant minimum n’est imposé dans le secteur privé
  • Les plafonds URSSAF fixent uniquement les montants exonérés de cotisations
  • Le salarié peut réclamer le remboursement de frais réels s’il peut les justifier

L’employeur est-il obligé de rembourser les frais de télétravail ?

En principe, l’employeur ne peut pas laisser à la charge du salarié des frais engagés pour les besoins nécessaires de l’activité professionnelle. Ce principe, issu de la jurisprudence constante de la Cour de cassation, s’applique au télétravail. Toutefois, en pratique, l’obligation de remboursement dépend de la réalité des frais engagés et du cadre du télétravail — imposé ou volontaire — ainsi que des accords collectifs ou chartes internes applicables.

Le cadre du télétravail est défini aux articles L.1222-9 et suivants du Code du travail, complétés par l’ANI du 26 novembre 2020. Ces textes ne fixent pas de montant minimum obligatoire dans le secteur privé. Ce sont les plafonds fixés par l’URSSAF qui déterminent les montants exonérés de cotisations sociales, sans constituer une obligation de versement pour l’employeur.

Un employeur qui ne prévoit aucune compensation s’expose à une demande de remboursement devant le conseil de prud’hommes en cas de litige, à condition que le salarié puisse démontrer l’existence de frais professionnels effectivement supportés.

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Les deux modes de remboursement

Mode 1 — L’allocation forfaitaire

C’est le mode le plus simple. L’employeur verse un montant fixe dans le cadre d’une allocation forfaitaire, sans exiger de justificatifs, dans la limite des plafonds URSSAF 2026. Ces allocations sont exonérées de cotisations sociales et de CSG/CRDS dans la limite des plafonds fixés par l’URSSAF. Si les plafonds sont dépassés, l’excédent est traité comme du salaire soumis à cotisations, sauf à produire des justificatifs de dépenses réelles.

Mode 2 — Le remboursement aux frais réels

L’employeur rembourse les dépenses effectivement engagées sur présentation de justificatifs. Ce mode permet de dépasser les plafonds forfaitaires, mais les sommes versées doivent correspondre strictement aux frais réellement supportés pour l’exercice de l’activité professionnelle.

Les principaux frais pouvant être remboursés incluent notamment : les frais fixes et variables liés à l’utilisation d’un espace privé à des fins professionnelles (électricité, chauffage, loyer au prorata), les frais d’aménagement d’un local dédié au télétravail, et les frais liés à l’achat ou l’utilisation de matériel informatique, de connexion internet ou de fournitures nécessaires à l’activité.


Plafonds URSSAF 2026

SituationForfait mensuel par jour hebdomadairePar jour télétravailléPlafond mensuel
Sans accord collectif11 €2,70 €59,40 €
Avec accord collectif13,20 €3,30 €72,60 €
Fonction publique2,88 €253,44 €/an

Ces montants peuvent être versés sans justificatifs dans le cadre d’une allocation forfaitaire. Au-delà des plafonds, des justificatifs doivent être fournis lors des contrôles URSSAF.


Quels frais sont concernés ?

Les frais de télétravail couvrent l’ensemble des dépenses supplémentaires liées au travail à distance : la part professionnelle de la facture d’électricité et de chauffage, la connexion internet (quote-part professionnelle), le matériel informatique acheté pour le travail (écran, clavier, souris, casque), les fournitures de bureau, et l’aménagement d’un espace de travail dédié.

Un achat purement personnel ne peut pas être pris en charge au titre des frais de télétravail. L’URSSAF exige que le remboursement corresponde à un usage professionnel réel et identifiable.


Ce qui figure sur votre bulletin de paie

L’allocation de télétravail doit figurer sur le bulletin de paie, généralement sous la mention « allocation forfaitaire télétravail » ou « remboursement frais télétravail ». L’absence de mention complique la traçabilité et peut entraîner un redressement en cas de contrôle URSSAF.


Impact sur votre déclaration d’impôts

Lorsque vous optez pour la déduction forfaitaire de 10 % (régime par défaut), les allocations de télétravail versées dans la limite des plafonds fixés par l’URSSAF sont exonérées d’impôt sur le revenu. En revanche, si ces plafonds sont dépassés, la fraction excédentaire devient imposable.

Si vous choisissez la déduction des frais réels, vous devez déclarer les indemnités perçues, puis déduire uniquement la part de vos dépenses non remboursée par l’employeur. Le cumul intégral est interdit — on ne peut pas déduire ce qui a déjà été remboursé.


Les jours qui n’ouvrent pas droit au remboursement

L’indemnité télétravail est calculée sur les jours de télétravail effectivement travaillés. Les jours de congés payés, RTT, arrêts maladie ou jours fériés ne sont pas comptabilisés. Seuls les jours où le salarié est effectivement en situation de télétravail ouvrent droit à l’allocation.


Fonction publique — règles spécifiques

Dans la fonction publique, le dispositif est encadré par le décret du 26 août 2021. Les agents bénéficient d’une allocation forfaitaire de 2,88 € par jour de télétravail effectif, plafonnée à 253,44 € par an. Ce montant résulte du cadre réglementaire actuellement en vigueur, susceptible d’évolution.


Égalité de traitement entre télétravailleurs

Le principe d’égalité de traitement s’applique, mais des différences peuvent être admises si elles reposent sur des critères objectifs — nombre de jours télétravaillés, nature des fonctions, équipements déjà fournis par l’employeur.


Que faire si votre employeur ne rembourse rien ?

Si votre entreprise pratique le télétravail sans prévoir aucun remboursement de frais, vous pouvez en premier lieu en faire la demande écrite aux RH en mentionnant le principe de prise en charge des frais professionnels issu de la jurisprudence de la Cour de cassation. Si l’accord ou la charte de télétravail ne prévoit rien, demandez qu’il soit complété. En l’absence de réponse satisfaisante, le conseil de prud’hommes peut être saisi en cas de litige, à condition de démontrer l’existence de frais réellement supportés.


FAQ

Mon employeur peut-il refuser de rembourser les frais de télétravail ? Dans le secteur privé, aucun texte n’impose de montant minimum. Mais le principe jurisprudentiel de prise en charge des frais professionnels s’applique dès lors que des frais réels ont été supportés. Un employeur qui impose le télétravail sans aucune compensation s’expose à une action prud’homale si le salarié peut en démontrer l’existence.

Je télétravaille de manière occasionnelle — ai-je droit à l’indemnité ? Oui, dès lors que vous êtes effectivement en situation de télétravail. Le calcul se fait au jour réellement télétravaillé : 2,70 € par jour sans accord collectif, 3,30 € avec accord collectif. Le télétravail occasionnel et le télétravail régulier suivent les mêmes règles de calcul.

L’indemnité est-elle la même pour tous les salariés ? Le principe d’égalité de traitement s’applique. Des différences sont néanmoins possibles si elles reposent sur des critères objectifs — nombre de jours télétravaillés, fonctions exercées, matériel déjà fourni par l’employeur.

Mon employeur peut-il me donner du matériel plutôt qu’une indemnité ? Oui. La prise en charge directe du matériel par l’employeur est une alternative à l’allocation forfaitaire. Dans ce cas, l’indemnité peut être réduite en conséquence, dans la mesure où les frais ont déjà été couverts.

L’indemnité est-elle imposable ? Dans la limite des plafonds URSSAF et sous le régime de la déduction forfaitaire de 10 %, elle est exonérée d’impôt. Si les plafonds sont dépassés ou si vous optez pour les frais réels, des règles spécifiques s’appliquent — voir la section fiscalité ci-dessus.

Peut-on refuser le télétravail si aucun frais n’est remboursé ? En principe, le télétravail repose sur un accord entre le salarié et l’employeur. Si aucun remboursement n’est prévu et que des frais importants sont engagés, le salarié peut refuser le télétravail ou demander une compensation. En cas de litige, la situation peut être appréciée par le juge au cas par cas.


Sources : URSSAF — Frais professionnels (mis à jour janvier 2026) · BOSS (Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale) · ANI du 26 novembre 2020 relatif au télétravail · Décret du 26 août 2021 (fonction publique) · Art. L.1222-9 et suivants du Code du travail · Jurisprudence Cour de cassation

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