Marché du travail : comment expliquer le nombre élevé de démissions ?

Selon les données issues des études de la Dares, au début de l’année 2022, le nombre de salariés qui démissionnent est de 520 000 par trimestre, dont 470 000 sont en CDI. S’agit-il d’un phénomène de démissions professionnelles de grande ampleur, tel que l’on a été observé aux États-Unis après la pandémie de Covid-19 à partir de juillet 2020 ? Cet article apporte des éléments de réponse. 

Le taux de démission est en hausse, mais pas inédit

En France, le nombre de démissions connait une hausse incroyablement élevée entre la fin de 2021 et le début 2022. Pourtant, le fait n’est pas inédit, puisqu’au premier trimestre de l’année 2008, on évalue à 510 000 le nombre de ruptures de travail à l’initiative de l’employé, dont 400 000 sont des salariés en CDI. 

Pour prendre en considération les fluctuations de l’emploi, ce nombre peut se rapporter à celui des salariés. En France, le pourcentage de démissions ainsi obtenu atteint 2,7 % au premier trimestre de 2022. Ce taux atteint son paroxysme à compter de la crise financière de 2008-2009. Toutefois, il reste en dessous des niveaux, qu’il avait atteints juste au début de 2008 (2,9 %). Désormais, sur les seules entreprises qui emploient plus de 50 salariés, le taux de démission est à 2,3 % et compte parmi les plus élevés à partir de 1993. Cependant, il ne dépasse pas celui observé au début des années 2000 (2,3 % aux trois premiers mois de 2001). Au sortir de la crise liée à la Covid-19, plus précisément courant 2021, le marché de l’emploi aux États-Unis a connu un fait que l’on qualifie « de grande dimension ». En effet, l’effectif des travailleurs qui démissionnent pour trouver un autre emploi s’accroît fortement pour changer de travail. Ce nombre concerne également ceux qui sont en quête d’emploi ou se retirent de la population active. 

Comment expliquer la tendance en hausse du nombre de démissions ? 

Le phénomène se caractérise par un taux de démissions jamais atteint antérieurement dans le temps. Toutefois, ce « Big Quit » né aux États-Unis n’est pas un nouveau phénomène pour les nombreux économistes. La situation de l’emploi n’est plus complètement semblable à celle vécue il y a 5, 10 ou même 20 ans. De plus, il est intéressant de rapprocher la crise des années 1930 avec le nombre de salariés qui disent vouloir quitter leur travail. Depuis de nombreuses années, le monde du travail a connu un problème illustré de nos jours par des démissions massives. 

Finalement, la Covid n’a été qu’un stimulus psychologique pour les salariés victimes de conditions de travail qui ne sont plus appropriées à leurs aspirations. Ce déclencheur concerne également les salariés souffrant d’un poste qui ne leur offrait plus un niveau de satisfaction personnelle ou personnelle acceptable. De nombreux travailleurs ont compris à quel point leur industrie était peu fiable et sujette aux nombreux risques durant la pandémie, surtout les infirmières qui travaillaient en première ligne. Selon les statistiques, en 2021, elles sont 1300 à manifester leur volonté de démissionner. Le secteur de la restauration est aussi victime de la crise de Covid-19. En effet, les restaurateurs se trouvent face à de graves difficultés de recrutement malgré une augmentation de salaire de 2,5 %. 

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