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Cancer professionnel : reconnaître, déclarer, faire valoir vos droits en 2026

Votre médecin vient de poser un diagnostic de mésothéliome. Vous avez travaillé pendant vingt ans dans le bâtiment avant 1997. Personne ne vous a dit que cette maladie est indemnisable comme maladie professionnelle — et que le délai pour déclarer court dès maintenant. Chaque mois perdu peut coûter des milliers d’euros de réparation.


Ce que vous allez apprendre

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3 outils pour agir sur votre dossier

Gratuits, sans inscription — résultats immédiats

Outil 01
Quel tableau de maladie professionnelle s’applique à votre cancer ?
Type de cancer + secteur → tableau MP applicable ou renvoi CRRMP.
Accéder à l’outil
Outil 02
Combien de temps me reste-t-il pour déclarer ?
Calculez votre délai légal restant selon la date de votre diagnostic.
Accéder à l’outil
Outil 03
Où en êtes-vous dans votre procédure ?
Checklist interactive des étapes — de la déclaration à la contestation.
Accéder à l’outil
  • Quels cancers sont reconnaissables comme maladies professionnelles et dans quels tableaux les chercher
  • Comment fonctionne la présomption d’origine professionnelle — et pourquoi elle vous évite de devoir tout prouver
  • Les délais exacts pour déclarer, et ce qui se passe si vous les ratez
  • Ce que la CPAM verse concrètement : rente, capital, prise en charge à 100 %
  • La voie complémentaire via le CRRMP pour les cancers hors tableau

1. Qu’est-ce qu’un cancer professionnel au sens légal ?

La règle claire

Un cancer est dit « professionnel » quand il résulte de l’exposition habituelle à un agent cancérogène dans le cadre du travail — pas d’une exposition ponctuelle, pas d’un accident. Lorsqu’une maladie figure dans un tableau de maladies professionnelles et que les conditions du tableau sont remplies, elle bénéficie d’une présomption d’origine professionnelle au sens de l’article L. 461-1 du Code de la Sécurité sociale. À défaut, une reconnaissance reste possible dans certaines situations via la procédure devant le Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP).

La subtilité cruciale : le cancer n’a pas besoin d’apparaître pendant l’activité professionnelle. La période de latence entre l’exposition et la maladie peut dépasser trente ans. Un ouvrier du BTP exposé à l’amiante avant 1997 et qui développe un mésothéliome en 2026 en retraite est pleinement concerné.

Un exemple chiffré

Le mésothéliome pleural — cancer de la plèvre causé quasi exclusivement par l’amiante — apparaît en moyenne quarante ans après le premier contact avec les fibres. Un travailleur exposé en 1980 peut donc déclarer sa maladie en 2026 et prétendre à une indemnisation pleine. Les pathologies liées à l’amiante continuent de représenter une part importante des maladies professionnelles reconnues en France.

Le piège à éviter

Croire que le cancer doit avoir été diagnostiqué pendant la carrière active. C’est faux. Des dizaines de milliers de retraités ne déposent jamais de dossier parce qu’ils pensent que « c’est trop tard » ou que « ça ne marchera pas ». Le délai de deux ans court non pas depuis l’arrêt du travail, mais depuis la date à laquelle vous avez été informé du lien possible entre votre maladie et votre activité professionnelle passée ou actuelle.


2. Les tableaux de maladies professionnelles : quels cancers sont couverts ?

La règle claire

Pour le régime général de la Sécurité sociale, plusieurs dizaines de tableaux de maladies professionnelles couvrent des cancers, dont un nombre significatif spécifiquement dédiés aux pathologies cancéreuses (le chiffre exact évolue au fil des révisions réglementaires). Chaque tableau définit trois éléments : la désignation précise de la maladie, le délai de prise en charge maximal après la fin de l’exposition, et la liste des travaux susceptibles de provoquer cette maladie. Quand les trois conditions sont remplies, le salarié bénéficie automatiquement d’une présomption d’origine professionnelle : il n’a pas à prouver le lien de causalité.

Les principaux tableaux cancer à connaître :

TableauCancer concernéAgent en cause
30 et 30 bisMésothéliome pleural, cancer broncho-pulmonaireAmiante
16 bisÉpithélioma cutané, cancer broncho-pulmonaireHAP (goudrons, huiles, suies)
4 bisCancer broncho-pulmonaireArsenic
20 bisCancer de la vessieAmines aromatiques
10 terCancer des fosses nasalesPoussières de bois
81Cancers liés aux rayonnements ionisantsRadiations
37 bisHémopathies malignes (leucémies)Benzène

Plusieurs évolutions réglementaires récentes ont renforcé la prise en compte de certaines professions fortement exposées aux agents cancérogènes, notamment dans les secteurs de la lutte contre les incendies et du sauvetage.

Un cas concret

Sophie, 62 ans, ancienne infirmière en radiologie diagnostique exposée aux rayonnements ionisants pendant vingt-cinq ans, développe une leucémie myéloïde chronique. Le tableau 81 du régime général reconnaît les hémopathies radio-induites. Si la durée d’exposition minimale inscrite au tableau est respectée (à vérifier pour chaque sous-type), elle bénéficie de la présomption d’imputabilité sans avoir à démontrer quoi que ce soit.

Le piège à éviter

Chercher « son » tableau seul, sur internet, sans aide. Les intitulés sont techniques et les sous-conditions (durée minimale d’exposition, délai de prise en charge) varient d’une ligne à l’autre au sein du même tableau. Un médecin du travail, un délégué syndical ou une association de victimes (comme l’ANDEVA pour l’amiante) peut identifier le bon tableau en quelques minutes.

Pour comprendre le fonctionnement général du système, l’article de mondedutravail.fr sur la maladie professionnelle détaille la logique des tableaux et la présomption d’imputabilité.

OUTIL 01 Quel tableau de maladie professionnelle pour votre cancer ?
Cet outil donne une orientation indicative. Il ne remplace pas l’analyse d’un médecin du travail ou d’un conseiller juridique. Les tableaux évoluent : vérifiez toujours le texte officiel en vigueur.
Sélectionner votre type de cancer
Cancer broncho-pulmonaire (poumon)
Mésothéliome pleural (plèvre)
Cancer de la vessie
Cancer des fosses nasales / sinus
Épithélioma cutané (peau)
Leucémie / hémopathie maligne
Cancer lié aux rayonnements ionisants
Cancer du sein
Autre type de cancer
Sélectionner votre secteur
BTP / Construction / Démolition
Industrie / Métallurgie / Sidérurgie
Industrie chimique / Pétrochimie
Menuiserie / Travail du bois
Santé / Hôpital / Radiologie
Coiffure / Esthétique
Agriculture / Viticulture
Pompiers / Sauvetage / Incendie
Autre secteur

3. Déclarer un cancer professionnel : la procédure étape par étape

La règle claire

La déclaration appartient à la victime (ou à ses ayants droit en cas de décès), pas à l’employeur. Le processus se déroule en quatre temps :

Étape 1 — Le certificat médical initial (CMI) Votre médecin traitant, généraliste ou spécialiste, établit un certificat médical initial décrivant précisément la nature et les symptômes de la maladie, ainsi que ses suites probables. Ce document est la pièce maîtresse du dossier : il faut qu’il soit détaillé, précis, et qu’il mentionne explicitement le lien supposé avec l’activité professionnelle.

Étape 2 — La déclaration à la CPAM Vous adressez à votre Caisse primaire d’assurance maladie le formulaire Cerfa n° 60-3950 (déclaration de maladie professionnelle) accompagné du CMI, dans le délai de deux ans.

Étape 3 — L’enquête de la CPAM La CPAM dispose d’un délai réglementaire d’instruction pouvant être prolongé dans certaines situations. Elle peut interroger l’employeur, consulter le médecin du travail et missionner un médecin-conseil. La victime doit être informée et mise en mesure de consulter les éléments du dossier avant la décision de la caisse.

Étape 4 — La décision La CPAM reconnaît ou refuse le caractère professionnel. En cas de refus, vous pouvez saisir la Commission médicale de recours amiable (CMRA) dans un délai de deux mois, puis le pôle social du tribunal judiciaire.

Le piège à éviter

Laisser le certificat médical initial dans le flou. Un CMI qui dit seulement « cancer du poumon » sans mentionner l’exposition à l’amiante ni la profession exercée est insuffisant. Demandez explicitement à votre médecin d’intégrer votre parcours professionnel dans le document. Si nécessaire, apportez-lui une liste chronologique de vos employeurs et des substances auxquelles vous étiez exposé.

Pour reconstituer une exposition passée — souvent difficile trente ou quarante ans après — le passeport prévention et le dossier médical en santé au travail sont des sources précieuses à rassembler.


4. Délais de déclaration : ce que vous risquez à attendre

La règle claire

Le délai légal est de deux ans à compter de la date à laquelle vous avez été informé d’un lien possible entre votre maladie et votre activité professionnelle passée ou actuelle (article L. 461-5 du Code de la Sécurité sociale). Ce n’est pas la date du diagnostic médical, ni la date d’arrêt du travail : c’est la date à laquelle vous avez su, ou auriez dû savoir, que votre cancer pouvait avoir une origine professionnelle.

Concrètement : si votre oncologue vous annonce en mars 2026 que votre mésothéliome est « très probablement lié à vos expositions passées à l’amiante », le délai court depuis mars 2026. Vous avez jusqu’en mars 2028 pour déposer votre déclaration.

Un cas concret

Bernard, 68 ans, ancien chaudronnier, apprend en janvier 2026 qu’il souffre d’un cancer broncho-pulmonaire. Son pneumologue l’informe oralement que l’amiante est probablement en cause. Bernard ne fait rien pendant deux ans et demi, pensant que « c’est compliqué ». En juillet 2028, la CPAM pourra considérer sa demande comme tardive, avec un risque important de rejet — et la perte de l’ensemble des droits AT-MP associés.

Le piège à éviter

Attendre d’avoir « tous les documents » pour déposer le dossier. Déposez dans les délais même si le dossier est incomplet : la CPAM vous demandera les pièces manquantes. Un dossier déposé hors délai risque fortement d’être rejeté, tandis qu’un dossier incomplet peut généralement être complété au cours de l’instruction.


5. L’indemnisation concrète : rente, capital, prise en charge

La règle claire

Une fois le cancer reconnu comme maladie professionnelle, la victime bénéficie du régime AT-MP (accidents du travail et maladies professionnelles), plus avantageux que le régime maladie ordinaire sur tous les plans :

Prise en charge des soins à 100 % du tarif de la Sécurité sociale, sans avance de frais, pendant toute la durée de traitement liée à la maladie professionnelle.

Indemnités journalières majorées pendant l’arrêt de travail : les indemnités journalières versées au titre d’une maladie professionnelle sont plus favorables que celles de la maladie ordinaire, selon les règles applicables au moment de l’arrêt.

Indemnisation de l’incapacité permanente après consolidation de l’état de santé : l’indemnisation prend la forme d’un capital ou d’une rente selon le taux d’incapacité permanente retenu par la caisse. La rente est exonérée d’impôt sur le revenu, de CSG et de CRDS. Elle est revalorisée chaque année.

Un cas concret

Marc, 58 ans, ancien soudeur reconnu avec un cancer des fosses nasales lié aux poussières de bois (tableau 10 ter), se voit fixer un taux d’IPP à l’issue de la consolidation. Le montant de sa rente dépend du salaire de référence, du taux d’incapacité permanente retenu et des règles applicables à la date de consolidation. Ce calcul est complexe et justifie de se faire accompagner dès cette étape.

Le piège à éviter

Ne pas contester le taux d’IPP fixé par la CPAM. Ce taux, déterminé par le médecin-conseil, conditionne directement le montant de votre rente. Vous disposez d’un délai de deux mois pour saisir la Commission médicale de recours amiable (CMRA) si vous le jugez sous-évalué. Faites-vous accompagner par un médecin indépendant ou un avocat spécialisé en droit social pour cette contestation.

Pour comprendre vos droits complets en cas d’incapacité liée à une maladie professionnelle, l’article sur l’inaptitude au travail est complémentaire.

OUTIL 02 Combien de temps me reste-t-il pour déclarer ?
Le délai légal de 2 ans court à partir du moment où vous avez été informé d’un lien possible entre votre maladie et votre activité professionnelle — pas nécessairement depuis la date du diagnostic. En cas de doute sur le point de départ, consultez un conseiller juridique.
Sélectionner
Non, pas encore
Oui, dossier déjà déposé

6. La voie hors tableau : le CRRMP

La règle claire

Si votre cancer ne figure dans aucun tableau, ou si vous ne remplissez pas toutes les conditions d’un tableau existant, vous pouvez quand même obtenir une reconnaissance. La demande est alors soumise au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP), une instance composée de trois médecins spécialisés.

Condition impérative : la maladie doit entraîner soit votre décès, soit une incapacité permanente d’un niveau suffisant au regard des conditions réglementaires applicables à la procédure concernée. Le CRRMP évalue l’existence d’un lien « direct et essentiel » entre votre activité professionnelle et la maladie.

Deux situations ouvrent cette voie :

  1. La maladie est dans un tableau, mais une condition n’est pas remplie (travaux non listés, délai de prise en charge dépassé, exposition insuffisante au regard du tableau)
  2. La maladie ne figure dans aucun tableau

Plusieurs maladies — dont de nombreux cancers — font régulièrement l’objet de travaux d’expertise scientifique pour évaluer un lien avec des expositions professionnelles, sans avoir encore de tableau dédié. Ces dossiers passent par le CRRMP.

Un cas concret

Claudine, 67 ans, a travaillé comme coiffeuse pendant trente ans avec des colorants capillaires contenant des amines aromatiques. Elle développe un cancer de la vessie. Le tableau 20 bis prévoit cette pathologie, mais liste des travaux spécifiques de l’industrie chimique qui ne correspondent pas à son poste. Le CRRMP peut reconnaître la maladie professionnelle si le lien avec son exposition est démontré par des éléments médicaux et professionnels solides.

Le piège à éviter

Abandonner après un refus de la CPAM. La voie CRRMP est distinct du recours contre le refus. Elle peut être activée parallèlement. Consultez une association de victimes (ANDEVA, FNATH, associations cancer au travail) avant de renoncer — elles connaissent les précédents et les arguments qui fonctionnent.


7. La faute inexcusable de l’employeur : une indemnisation supplémentaire

La règle claire

Au-delà des prestations AT-MP, vous pouvez engager la responsabilité de votre employeur pour faute inexcusable si vous démontrez deux éléments :

  1. L’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel il vous exposait
  2. Il n’a pas pris les mesures nécessaires pour vous en préserver

En matière de cancer professionnel, les juridictions apprécient ces conditions au cas par cas, au regard des connaissances disponibles à l’époque de l’exposition et des mesures effectivement mises en œuvre. Les dangers de l’amiante sont connus et documentés depuis plusieurs décennies, ce qui explique le nombre important de contentieux engagés contre certains employeurs ayant exposé leurs salariés sans protection suffisante.

En cas de faute inexcusable reconnue, la rente est majorée, et la victime peut obtenir des dommages et intérêts complémentaires (préjudice moral, souffrances endurées, préjudice d’agrément). Les règles de calcul de l’indemnisation AT-MP ont évolué ces dernières années et continuent d’évoluer : il est essentiel de se renseigner sur le droit applicable à la date de consolidation.

Un cas concret

Alain, 71 ans, ancien chaudronnier d’une grande entreprise sidérurgique, obtient la reconnaissance de son cancer broncho-pulmonaire lié à l’amiante. Le pôle social du tribunal judiciaire reconnaît la faute inexcusable de son ancien employeur : sa rente est majorée, et il perçoit des dommages et intérêts complémentaires pour préjudice moral et souffrances endurées. Les montants exacts varient selon chaque situation et les décisions de justice.

Le piège à éviter

Intenter une action en faute inexcusable seul, sans avocat spécialisé en droit du travail et en réparation AT-MP. La procédure est technique, les délais sont courts (deux ans à compter de la date de consolidation ou du décès), et les enjeux financiers importants justifient l’investissement dans un accompagnement juridique.

L’article sur la faute inexcusable de l’employeur détaille les démarches et la jurisprudence récente.


8. Tableau récapitulatif

SituationVoie de reconnaissanceConditionsIndemnisation
Cancer dans un tableau, toutes conditions rempliesPrésomption d’imputabilité (CPAM)Remplir les 3 colonnes du tableauRente ou capital AT-MP + soins à 100 %
Cancer dans un tableau, condition(s) manquante(s)CRRMPConditions réglementaires CRRMP applicablesIdentique si reconnu
Cancer hors tableauCRRMPConditions réglementaires CRRMP applicables + lien direct et essentielIdentique si reconnu
Faute inexcusable de l’employeurPôle social du tribunal judiciaireConscience du danger + absence de mesuresMajoration rente + dommages et intérêts
Amiante (cas particulier)CPAM + éventuellement FIVATous régimes, y compris expositions environnementalesIndemnisation FIVA complémentaire possible

OUTIL 03 Où en êtes-vous dans votre procédure ?
Cochez chaque étape que vous avez franchie. La barre de progression se met à jour automatiquement. Vos coches ne sont pas sauvegardées d’une session à l’autre.
0 / 15 étapes complétées
  • 📋 Phase 1 — Préparer votre dossier
    • Diagnostic confirmé par écrit Indispensable Compte-rendu d’anatomopathologie ou lettre de spécialiste précisant la nature du cancer.
    • Reconstitution du parcours professionnel Liste chronologique des employeurs, postes, substances manipulées — aussi loin que possible dans le passé.
    • Identification du tableau applicable Outil 01 disponible Vérifiez si votre cancer figure dans un tableau du régime général ou agricole.
    • Vérification du délai de déclaration Délai : 2 ans Le délai court depuis l’information du lien avec le travail. Utilisez l’outil 02 pour le calculer.
  • 📝 Phase 2 — Déclarer à la CPAM
    • Certificat médical initial (CMI) rédigé Pièce clé Demandez à votre médecin de mentionner explicitement l’exposition professionnelle et votre parcours.
    • Formulaire Cerfa n° 60-3950 complété Déclaration de maladie professionnelle, disponible sur ameli.fr ou auprès de votre CPAM.
    • Dossier envoyé à la CPAM (avec accusé de réception) Envoi recommandé avec AR fortement conseillé pour prouver le dépôt dans les délais.
    • Copie de tous les documents conservée Gardez un exemplaire complet du dossier déposé pour toute la suite de la procédure.
  • 🔍 Phase 3 — Instruction par la CPAM
    • Accusé de réception de la CPAM obtenu Demandez-le si vous ne le recevez pas rapidement — il confirme l’ouverture de l’instruction.
    • Dossier d’instruction consulté si proposé Droit de la victime Vous pouvez demander à consulter les pièces du dossier avant la décision finale de la caisse.
    • Décision de la CPAM reçue Reconnaissance, refus ou renvoi au CRRMP — notez la date, elle conditionne vos recours.
  • ⚖️ Phase 4 — Après la décision (contestation / consolidation)
    • En cas de refus : recours CMRA engagé Délai : 2 mois Commission médicale de recours amiable à saisir dans les 2 mois suivant la notification de refus.
    • Taux d’IPP notifié par la CPAM Après consolidation, la caisse fixe votre taux d’incapacité permanente partielle — à vérifier avec un médecin indépendant.
    • Taux d’IPP contesté si sous-évalué Délai : 2 mois Saisine de la CMRA si vous estimez le taux trop faible — accompagnez-vous d’un médecin conseil.
    • Faute inexcusable : évaluation avec un avocat Si pertinent Si l’employeur connaissait le risque sans agir, une indemnisation complémentaire est possible devant le tribunal judiciaire.

FAQ — Les questions que vous posez vraiment

Peut-on déclarer un cancer professionnel si l’entreprise a fermé ou si l’employeur est décédé ? Oui. La déclaration se fait auprès de la CPAM, pas de l’employeur. La fermeture de l’entreprise ou le décès du dirigeant ne supprime pas vos droits. La CPAM instruit le dossier indépendamment.

Mon cancer a été diagnostiqué il y a cinq ans et je n’ai rien déclaré. Est-il trop tard ? Pas nécessairement. Le délai de deux ans court depuis le moment où vous avez été informé du lien possible avec votre travail — pas depuis le diagnostic. Si personne ne vous avait parlé d’origine professionnelle jusqu’à récemment, le délai peut ne pas être expiré. Consultez une association de victimes ou un avocat dès aujourd’hui.

Un cancer du sein peut-il être reconnu comme maladie professionnelle ? Oui, dans certains cas. Le tableau 81 (rayonnements ionisants) couvre les cancers radio-induits, dont le sein. Des expositions professionnelles aux perturbateurs endocriniens ou à certains solvants peuvent aussi ouvrir une voie CRRMP. Ce n’est pas automatique, mais c’est possible.

La CPAM peut-elle refuser même si mon cancer figure dans un tableau ? Oui, si vous ne remplissez pas toutes les conditions du tableau (durée d’exposition insuffisante, délai de prise en charge dépassé, travaux non listés). En cas de refus, vous pouvez saisir la CMRA puis le tribunal judiciaire — et également activer la voie CRRMP.

Qu’est-ce que le FIVA et est-ce que j’y ai droit ? Le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA) verse une indemnisation complémentaire aux personnes atteintes d’une maladie liée à l’amiante, que l’origine soit professionnelle ou non (exposition domestique ou environnementale). Il est cumulable avec les prestations AT-MP. Les ayants droit d’une victime décédée peuvent également y prétendre.

La rente AT-MP est-elle imposable ? Non. La rente d’incapacité permanente versée au titre d’une maladie professionnelle est totalement exonérée d’impôt sur le revenu, de CSG et de CRDS.

Mon employeur peut-il me licencier pendant la procédure de reconnaissance ? Votre statut de salarié en arrêt maladie lié à une pathologie en cours de reconnaissance vous offre une protection, mais elle n’est pas absolue. Une fois la maladie reconnue comme professionnelle, la protection est renforcée (régime AT-MP). Consultez l’article sur le licenciement pour inaptitude après accident du travail pour comprendre vos droits.

Peut-on cumuler une pension de retraite et la rente AT-MP ? Oui. La rente d’incapacité permanente AT-MP est cumulable sans restriction avec une pension de retraite. Elle ne réduit pas votre pension et n’est pas comptée dans les revenus imposables. Voir l’article cumul emploi-retraite pour d’autres aspects du cumul.

Mon médecin traitant ne connaît pas les maladies professionnelles. Qui peut m’aider ? Le médecin du travail (si vous êtes encore en activité), un médecin spécialisé en pathologie professionnelle rattaché à un CHU, l’ANDEVA (pour l’amiante), la FNATH (association des accidentés de la vie), ou un avocat spécialisé en droit social. Ces ressources sont gratuites ou quasi-gratuites pour les victimes.

Qu’est-ce que la consolidation et pourquoi c’est important ? La consolidation est la date à laquelle votre état de santé est considéré comme stabilisé — même si vous restez atteint. C’est à partir de cette date que le taux d’IPP est fixé, que la rente est calculée, et que court le délai pour agir en faute inexcusable. En matière de cancer, la consolidation peut être prononcée même en cas de maladie chronique ou évolutive.

Un travailleur indépendant ou auto-entrepreneur peut-il déclarer un cancer professionnel ? Le régime AT-MP concerne les salariés. Les indépendants (hors certains cas d’assurance volontaire) ne bénéficient pas automatiquement de ce régime. Toutefois, d’anciens salariés devenus indépendants conservent leurs droits pour les expositions subies pendant leur période salariée.


Conclusion

En 2026, les cancers professionnels restent massivement sous-déclarés en France — des milliers de victimes passent à côté d’une indemnisation pourtant légitime, faute d’information sur leurs droits ou parce qu’elles pensent que le délai est écoulé. La règle centrale à retenir : deux ans à compter de l’information du lien avec le travail, pas depuis le diagnostic. La présomption d’imputabilité vous évite de tout prouver dès lors que votre tableau est rempli. Agir tôt, avec un accompagnement adapté, fait souvent la différence entre une indemnisation obtenue et des droits définitivement perdus.

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Sarah L.
Sarah L.
Juriste spécialisée en Droit Social et protection des salariés. Passionnée par l'actualité législative, Sarah décrypte pour Mondedutravail.fr les textes de loi complexes (Code du travail, réformes des retraites, aides sociales) pour les rendre clairs et accessibles à tous. Elle assure une veille juridique rigoureuse pour garantir la fiabilité de vos droits.

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