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Amélioration du pouvoir d’achat : les propositions des candidats à l’élection présidentielle de 2022

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Alors que les prix ont augmenté de près de 3 % en un an, les candidats à l’élection présidentielle de 2022 ont avancé des propositions sur de nombreux sujets pour tenter d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages : sur le montant du SMIC, le montant général des salaires, les minimas sociaux… 

Sur le montant du SMIC

Jean-Luc Mélenchon et Jean Lassalle souhaitent atteindre un revenu net de 1 400 euros. Anne Hidalgo a recommandé une augmentation de 15 % du SMIC pour passer son montant à 1 446 €, tandis que Fabien Roussel et Yannick Jadot souhaitent un salaire net de 1 500 €. Ce candidat écologiste rappelle que ce niveau ne sera atteint qu’à la fin du quinquennat. Elle fonde sa proposition sur une hausse initiale de 10 %.

Les autres candidats de l’autre échiquier politique ne sont pas unanimes sur cette question. La candidate LR Valérie Pécresse propose une hausse générale des salaires inférieurs à 2 800 euros. Cette mesure ne concerne pas le SMIC. 

À l’extrême droite, Eric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen proposent une augmentation des salaires les plus faibles, grâce à une baisse des cotisations sociales. 

Sur le montant général des salaires

À droite, la candidate Valérie Pécresse exprime sa volonté de créer un « choc de pouvoir d’achat ». Sur ce sujet, elle propose une augmentation de 10 % des salaires inférieurs à 2 800 euros mensuellement pendant une période de cinq ans. Pour la réussite de ce pari, la candidate recommande une défiscalisation des heures supplémentaires, sans restriction ni plafonnement ainsi que le financement par l’État d’une partie des cotisations retraite, qui étaient auparavant payées par les employés. 

Marine Le Pen encourage les entreprises à prendre les mesures appropriées pour augmenter de 10 % les salaires en dessous de trois fois le SMIC. Celles-ci doivent s’accompagner d’une exonération de cotisations sociales. Son concurrent, Eric Zemmour comme Valérie Pécresse s’engagent à défiscaliser les heures supplémentaires, après leur élection. Le candidat de Reconquête exhorte les entreprises à verser une « prime exonérée de cotisations patronales et salaires », dont le montant pourra être l’équivalent de la somme de trois mois de salaire.

Nicolas Dupont-Aignan propose une hausse de 8 % des salaires des employés qui touchent moins de trois SMIC. Une proposition qui s’accompagne d’une baisse des cotisations sociales selon le dire du candidat. 

Afin d’augmenter les salaires, Jean-Luc Mélenchon, sitôt élu, porterait le SMIC mensuel à 1 400 euros nets. Selon ce candidat, une hausse des salaires moyens et modestes permettrait la relance de l’activité, par la consommation et à terme par l’investissement. Dans son programme, Anne Hidalgo évoque l’organisation d’une conférence avec les partenaires sociaux sur le sujet. 

Philippe Poutou, le candidat du Parti anticapitaliste (NPA), veut augmenter « tous les revenus » de 400 euros et fixer un salaire minimum à 1 800 euros. Il envisage également l’indexation des salaires pour compenser, en totalité, la perte de pouvoir d’achat provoquée par la hausse des prix. Nathalie Arthaud du parti « Lutte ouvrière » souhaite un salaire minimum de 2 000 euros.

Emmanuel Macron souhaite la mise en place de nouvelles mesures afin que le travail paie davantage. S’il est réélu, il a promis de multiplier par trois le plafond de la « prime Macron ». Jusqu’à présent, cette somme permettait aux entreprises de verser jusqu’à 1 000 euros sans cotisations ni impôts. 

Sur les minimas sociaux

Certains candidats, notamment ceux du gauche, ont proposé d’élargir voire de renforcer le Revenu de solidarité active (RSA) pour tout ou partie de la population générale. Ainsi le programme de Jean Lassalle prévoit d’étendre le RSA aux jeunes selon certains critères (formation ou revenus). 

Valérie Pécresse est favorable à la création d’un revenu actif mensuel de 670 euros pour les jeunes. Mais, celui-ci serait accordé aux jeunes qui acceptent d’accéder à une formation relative à un métier pour lequel on manque de bras. 

Anne Hidalgo propose d’allouer une dotation en capital de 5 000 euros à chaque jeune de 18 ans pour financer ses projets professionnels et personnels.

Fabien Roussel veut établir un revenu mensuel étudiant de 850 euros pour mettre fin au salariat étudiant, qui est la première cause de l’échec universitaire. 

Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, envisage la création d’une garantie d’autonomie, qui s’élève à 1063 euros pour un individu seul, et cela, pour que « personne ne soit privé de sa dignité pour vivre ». 

L’écologiste Yannick Jadot partage l’idée d’instaurer un revenu de base, appelé autrement revenu universel d’existence. La « première étape » de sa mise en œuvre consiste à créer une allocation versée dès l’âge de 18 ans aux adultes qui touchent de faibles revenus ou qui n’exercent pas d’emploi. Selon la promesse du candidat, son montant est à la hauteur de 60 % du revenu médian et dépasse le seuil de pauvreté. 

Nathalie Arthaud s’engage afin qu’aucune allocation ne soit au-dessous de 2 000 euros mensuellement. Philippe Poutou, de son côté, revendique que le montant du revenu doit être supérieur à 1.800 euro net. 

Sur le prix de l’énergie

Pour faire face à la flambée des prix de l’énergie, Nathalie Arthaud défend l’idée selon laquelle les salariés paient « zéro taxe » sur le carburant. Selon cette candidate, une partie des profits générés par les entreprises pétrolières sera retirée par l’État pour payer les taxes et les impôts. 

Jean-Luc Mélenchon émet l’idée de bloquer les prix de l’énergie au moment de la crise. De plus, il souhaite que les premiers mètres cubes d’eau et les kilowattheures consommés par les ménages soient gratuits. 

Nicolas Dupont-Aignan préconise la suppression de la « double taxation » sur les prix des carburants. 

De nombreux candidats, tels qu’Anne Hidalgo, Marine Le Pen et Fabien Roussel sont unanimes quant à la réduction de la TVA sur les prix de l’électricité et du gaz. L’actuelle maire de Paris et la candidate du Front National souhaitent même étendre cette mesure sur les prix du carburant. Pour la candidate socialiste, cette mesure est transitoire, elle n’est valable que pendant la période de forte hausse des prix. Dans son programme, Yannick Jadot imagine de faire bénéficier six millions de ménages d’un chèque énergie d’un montant de 400 euros.

Jean Lassalle veut réduire la TVA sur les hydrocarbures : de 20 % à 5,5 % sur l’essence, une mesure qui a été désavouée par Valérie Pécresse. Cette dernière est plutôt favorable à l’indexation automatique des indemnités sur les prix des carburants et les frais kilométriques ainsi qu’à la suppression de la TVA sur les autres taxes sur l’électricité. 

Dans son programme, le candidat du parti Reconquête n’a fourni aucune précision sur les prix de l’électricité et ceux du gaz. Pourtant, il recommande le remboursement par les employeurs des 50 % des frais de carburant des employés pour les trajets domicile-travail. 

Pour faire face à la flambée des prix du carburant, Emmanuel Macron a promis, s’il est réélu, de mettre en place une mesure rapide. Ce candidat a précisé que celle-ci se fonde sur « l’approche indemnité inflation et l’approche indemnité kilométrique ». Selon ce candidat, les mesures d’appui au pouvoir d’achat pour l’électricité et le gaz seront en vigueur au-delà du mois de juin. 

Sur l’égalité salariale femmes-hommes

Nicolas Dupont-Aignan prône dans un premier temps la baisse des cotisations sociales des entreprises très attentives à respecter l’égalité salariale entre hommes et femmes. Il souhaite dans un second temps l’instauration progressive d’un malus contre les mauvaises pratiques. 

Fabien Roussel accorde un an aux entreprises non publiques pour rémunérer les hommes et les femmes au même niveau, en l’absence d’une telle mesure, un administrateur judiciaire interviendra. 

Sur ce sujet, Jean-Luc Mélenchon est favorable à la création d’une « commission de contrôle salarié » dans les entreprises ainsi qu’à la sanction sévère de celles qui enfreignent la législation sur l’égalité salaire entre femmes-hommes. Il accorde aussi une prime de 10 % du salaire aux femmes dont la rémunération est inférieure à celles des hommes. 

En cas de sa réélection, Emmanuel Macron affirme qu’il poursuit son action, en appliquant des sanctions financières stipulées dans « la loi sur l’index de l’égalité » votée en 2018. 

Anne Hidalgo veut divulguer la liste des entreprises, là où l’on constate une inégalité salariale. Une entreprise mise en cause doit prouver de manière convaincante qu’elle n’a pas commis un acte de discrimination envers les femmes. 

Yannick Jadot partage aussi la même opinion : n’importe quelle entreprise qui emploie plus de 20 personnes doit justifier qu’une telle égalité est mise en œuvre, sous peine d’amende. 

Philippe Poutou souhaite intensifier les contrôles par l’inspection du travail et imposer aussi l’égalité des salaires et des amendes en cas de délit. 

Valérie Pécresse encourage les entreprises à diminuer l’écart entre les salaires. Mais, elle n’évoque pas de sanctions.  

Sur l’actionnariat salarié

Pour Valérie Pécresse, le but est de développer la participation et l’intéressement des employés, en exhortant les entreprises à mettre à leur disposition 10 % du capital. Les entreprises plus modestes seraient encouragées à mettre en œuvre une telle mesure, grâce à des avantages fiscaux. 

Le candidat du parti Débout la France (DLF) propose des propositions similaires. 

Eric Zemmour a émis son souhait d’imposer la « prime de participation » défiscalisée à 100 %. Il s’agit d’une rémunération additionnelle, sous forme de prime, accordée par une entreprise qui fait des bénéfices à ses salariés. Selon Eric Zemmour, son montant est d’environ 1500 euros annuellement.  

Sur la politique familiale

Nicolas Dupont-Aignan, Eric Zemmour et Valérie Pécresse veulent que les ménages les plus fortunés puissent bénéficier des allocations familiales au même titre que les plus pauvres. La candidate LR y ajoute une prime de 900 euros annuellement, à partir du premier enfant, jusqu’à sa majorité ainsi qu’une augmentation de 15 % des allocations actuelles pour les deuxième et troisième enfants. 

La proposition de Yannick Jadot permettra de bénéficier d’allocations familiales dès la naissance du premier enfant plutôt qu’à partir du deuxième enfant actuellement. Selon Yannick Jadot, le versement de la somme de 70 euros pour toutes les familles et par enfant se fait mensuellement. 

Marine Le Pen souhaite attribuer une pleine part de quotient familial, aux couples imposables, dès le deuxième enfant, au lieu du troisième actuellement. La candidate d’extrême droite souhaite réviser le plafond de l’ASF (Allocation de Soutien Familial) : de 116 euros mensuels à 230 euros. Cette révision concerne les parents qui élèvent seuls leurs enfants. La candidate projette instaurer « un prêt public à taux zéro » destiné aux jeunes couples, dont le montant peut atteindre 100 000 euros. Au cas où le couple ferait au moins trois enfants, ce crédit se transformerait en don. 

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