Travail : les propositions des candidats à la présidentielle

Selon les chiffres publiés par l’Insee le vendredi 18 février 2022, le taux de chômage atteignait 7,4 % au quatrième trimestre 2021, c’est-à-dire en baisse de – 0,6 point, comparé à celui du trimestre précédent. Le débat bat son plein en cette période électorale, voici les propositions des candidats à l’élection présidentielle de 2022 sur le travail. 

L’année 2022 se place sous le signe du nouvel élan d’optimisme des entreprises

Un sondage de l’Odoxa publié en janvier 2022 indique que :

  • 69 % des dirigeants de TPE sont plus confiants de la situation économique de leurs entreprises ;
  • 75 % des entreprises envisagent de relancer les activités de développement précédemment suspendues.

Certes, ces constats positifs pourraient donner un aperçu de la santé de l’économie française. Cependant, des graves tensions sur le marché du travail se poursuivent. La Banque de France précise que 52 % des entreprises se plaignent de sérieuses difficultés de recrutement. Le cabinet Michael Page, de son côté, remarque des tensions dans certains secteurs d’activités, comme le BTP, l’IT, l’ingénierie et les services.  

Nathalie Arthaud est favorable à une hausse générale des salaires

Dans son programme, la candidate du parti Lutte ouvrière réclame une hausse générale des salaires. Cette augmentation pourra atteindre trois cent, quatre cent ou cinq cent euros. Nathalie Arthaud milite pour la baisse de la durée de travail hebdomadairement. La candidate énonce sur ce point qu’il est dans l’intérêt des travailleurs de diminuer le temps de travail afin de conserver tous les postes, pourtant, elle n’a pas chiffré cette baisse. 

Fabien Roussel milite pour la hausse des salaires des fonctionnaires

Fabien Roussel, le candidat communiste, a indiqué son souhait de prendre certaines mesures liées au travail dans son programme. Il fonde sa proposition sur une hausse, évaluée à 30 %, des salaires de la fonction publique. Cependant, il n’a fait aucune suggestion pour le secteur privé. La réduction de la durée légale du travail, de 35 heures actuellement à 32 heures par semaine, constitue un autre point fort de son programme. Il fait part aussi de sa volonté d’instaurer des mesures obligatoires, visant à supprimer les discriminations entre les hommes et les femmes en matière de rémunération. Celle-ci devra être réalisée en un an dans le secteur privé et dans un délai de six mois pour les postes qui impliquent la gestion des affaires publiques. 

Fabien Roussel souhaite mettre un terme à la réforme de l’assurance-chômage entreprise par Emmanuel Macron. En termes de démocratie en entreprise, le candidat veut instaurer un « droit de préemption » des salariés au cas de vente de l’entreprise. 

Marine Le Pen souhaite augmenter les salaires

La candidate du Rassemblement national réclame une révision en hausse des salaires. Elle espère prendre des mesures sur l’exemption du paiement de cotisations patronales pour inciter les employeurs à accorder davantage d’augmentations, et promet une hausse de 10 % du SMIC. 

Jean-Luc Mélenchon est en faveur de la mise en place des commissions salariales 

Le programme du candidat Jean-Luc Mélenchon prévoit l’instauration d’un certain nombre de mesures sur le travail : 

  • mise en place des commissions salariales dans les entreprises ; 
  • hausse des salaires, baisse de la durée de travail à trente-deux heures pour les métiers de nuit ou les professions affligeantes. 

Le candidat estime aussi que les 35 heures de travail par semaine doivent être associées à d’autres mesures telles que la majoration des heures supplémentaires, estimée à 25 % pour les quatre premières heures et à 50 % au-delà. L’instauration d’une « commission de contrôle salarié » sur l’égalité entre les hommes et les femmes compte parmi le point fort du programme du candidat. Sa mission est de « sanctionner sévèrement » toutes les mesures qui enfreignent l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes. Jean-Luc Mélenchon souhaite fixer un quota de 5 % à 10 % de contrats précaires en entreprise et abroger la réforme d’Emmanuel Macron sur l’assurance-chômage. En matière de santé mentale au travail, le candidat souhaite que le burn-out soit inclus sur la liste des maladies professionnelles du Code de la sécurité sociale. 

Anne Hidalgo est pour la participation plus large des salariés à la prise de décision

Dans cette optique, la candidate a fait une proposition sur la répartition des membres du conseil d’administration : au moins 50 % d’administrateurs employés dans les entreprises de plus de 1000 salariés et 33 % dans celles de moins de 1000 employés. La candidate du Parti socialiste (PS) Anne Hidalgo a émis une proposition sur la réduction du temps de travail hebdomadaire. Toutefois, elle n’a fourni aucune précision sur ce projet. Elle envisage également de pénaliser les mesures discriminatoires pour l’égalité salariale entre les  femmes et les hommes au sein des entreprises. 

Éric Zemmour : défiscaliser les heures supplémentaires 

Éric Zemmour, le candidat à l’élection présidentielle du parti Reconquête projette défiscaliser les heures supplémentaires et les primes jusqu’à trois mois de salaire net. Le candidat est favorable à l’égalité entre les hommes et les femmes en matière de rémunération. Selon Éric Zemmour, il doit y avoir un salaire égal pour un travail, une compétence et un horaire de travail égaux. 

Yannick Jadot envisage la renégociation des grilles salariales par branche

Dans son programme sur le thème travail, Yannick Jadot espère renégocier les grilles salariales, et cela, en organisant une conférence nationale par branche. Le candidat de l’EELV (Europe Écologie Les Verts) entend également diminuer le temps de travail, l’objectif est de vivre mieux et de travailler moins. Il n’a fourni aucune précision sur la durée de cette réduction.

Yannick Jadot voudrait accroître à 50 % l’effectif des employés dans les instances de décision des entreprises. Aussi, il souhaite que le burn-out et la dépression figurent dans la liste officielle des maladies professionnelles. 

L’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes est parmi les sujets essentiels du candidat Yannick Jadot. Il veut aussi abroger les dispositions sur la réforme de l’assurance-chômage d’Emmanuel Macron.

Valérie Pécresse envisage une hausse de 10 % des salaires

Selon la promesse de Valérie Pécresse, une fois élue, elle prendra les mesures nécessaires pour augmenter de 10 % les salaires, jusqu’à 2,2 le SMIC d’ici 2027. La candidate veut aussi mettre en place un rattrapage dans les entreprises pour parvenir à l’égalité salariale hommes-femmes. En matière de temps de travail, Valérie Pécresse compte mettre fin aux 35 heures et rendre plus souples les horaires de travail. Elle souhaite que la branche ou l’entreprise négocie le nombre d’heures travaillées par semaine. À défaut d’un accord, la durée de travail sera de 39 heures par semaine. Valérie Pécresse est favorable à la poursuite de la réforme de l’assurance-chômage.

Philippe Poutou projette une hausse de 400 euros de tous les salaires

Philippe Poutou, le candidat du parti anticapitaliste (NPA), a proposé une hausse de 400 euros de tous les salaires pour lutter contre l’inflation. Le candidat est aussi en faveur de l’instauration de « l’égalité salariale ». Philippe Poutou, une fois élu, réduit la durée hebdomadaire du travail à 32 heures sur quatre jours. Il refuse d’accorder les heures supplémentaires et souhaite limiter le travail du week-end à une fois mensuellement au maximum. 

Nicolas Dupont-Aignan envisage une augmentation de salaire de 8 %

Dans son programme, Nicolas Dupont-Aignan envisage d’accroître de 8 % les salaires, c’est-à-dire l’équivalent d’un 13e mois de salaire. S’il est d’un côté contre la modification de la durée de travail hebdomadaire, de l’autre côté, il est favorable à la mise en place de la défiscalisation des heures supplémentaires sans plafonnement. Le candidat du parti Debout la France veut mettre en place un « barème dissuasif » pour l’entreprise, pour permettre de limiter le nombre de contrats précaires. Cette mesure d’allègement des cotisations concerne les entreprises qui mettent en œuvre le principe de l’égalité salariale. Nicolas Dupont-Aignan ne veut apporter aucune modification sur la loi relative à l’assurance-chômage. 

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