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Asthme professionnel : reconnaissance et indemnisation

Depuis quelques mois, dès que vous mettez un pied dans l’atelier, le sifflement commence. La gorge se serre, la toux arrive, parfois la crise franche. Le week-end, tout disparaît. Vous avez mis ça sur le compte d’une allergie saisonnière — mais si c’est votre poste de travail qui vous rend malade, la Sécurité sociale peut le reconnaître officiellement et vous indemniser, à condition de respecter des délais très courts.

Ce que vous allez apprendre

  • Comment savoir si votre asthme correspond au tableau 66 des maladies professionnelles
  • Les examens médicaux qui permettent réellement de prouver le lien avec votre travail
  • Les démarches précises et les délais à ne surtout pas dépasser
  • Le montant des indemnités journalières et de la rente en cas de séquelles
  • Vos recours en cas de refus de la CPAM et le rôle de la faute inexcusable de l’employeur

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Mon asthme peut-il être reconnu ?

Répondez à 5 questions pour savoir si votre situation correspond aux critères du tableau 66.

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Mon asthme peut-il être reconnu maladie professionnelle ? Le tableau 66 en clair

Selon différentes études, une part significative des asthmes diagnostiqués chez l’adulte pourrait avoir une origine professionnelle. Le texte qui encadre leur reconnaissance s’appelle le tableau 66 du régime général (« Rhinites et asthmes professionnels »). Pour que la présomption d’origine professionnelle s’applique automatiquement — c’est-à-dire que vous n’ayez pas à prouver vous-même le lien de cause à effet —, trois conditions cumulatives doivent être réunies :

  1. La pathologie correspond à la désignation médicale du tableau : asthme objectivé par des explorations fonctionnelles respiratoires (EFR), récidivant en cas de nouvelle exposition ou confirmé par test.
  2. Le délai de prise en charge est respecté : le tableau prévoit un délai de prise en charge de 7 jours à compter de la cessation de l’exposition au risque. L’appréciation de cette condition relève toutefois de l’examen médical et administratif du dossier.
  3. Vous avez exercé un travail figurant dans la liste limitative de 34 catégories du tableau.

Cette liste limitative couvre des métiers très variés : boulangers-pâtissiers exposés aux farines, coiffeurs exposés aux persulfates alcalins (poudres décolorantes) et aux teintures, menuisiers et ébénistes exposés aux poussières de bois, peintres et carrossiers exposés aux isocyanates, personnel de santé et de laboratoire exposé au latex et aux désinfectants, agriculteurs et vétérinaires exposés aux protéines animales, ou encore ouvriers de la plasturgie exposés à l’azodicarbonamide et au styrène.

Exemple chiffré : un boulanger qui travaille depuis 8 ans en chambre de pousse, et dont les premiers sifflements respiratoires apparaissent systématiquement le lendemain de chaque service de nuit, avec une spirométrie objectivant un syndrome obstructif variable, semble remplir les principales conditions prévues par le tableau 66. La reconnaissance lui permet une prise en charge spécifique au titre de la législation AT/MP.

Le piège à éviter : si vos premiers symptômes documentés sont apparus tardivement après votre dernière exposition — par exemple parce que vous avez mis plusieurs semaines à consulter — le respect du délai de prise en charge peut être remis en cause par la caisse. Il vous reste alors la voie du CRRMP (Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles), une procédure « hors tableau » plus longue, qui exige de prouver vous-même le lien direct entre votre activité et la maladie. D’où l’intérêt de bien connaître les risques chimiques en entreprise auxquels vous êtes exposé, pour réagir vite dès les premiers symptômes.

🩺 Mon asthme peut-il être reconnu comme maladie professionnelle ?

5 questions pour faire un premier point sur votre situation au regard du tableau 66.

Question 1 sur 5

Dans quel secteur ou métier travaillez-vous (ou travailliez-vous lors de l’exposition) ?

Sélectionnez votre métier ▾
Boulangerie, pâtisserie (farines)
Coiffure, esthétique (teintures, persulfates)
Menuiserie, ébénisterie (poussières de bois)
Peinture, carrosserie (isocyanates)
Santé, laboratoire (latex, désinfectants)
Agriculture, élevage, vétérinaire (protéines animales)
Plasturgie, caoutchouc, industrie chimique
Nettoyage, entretien (produits désinfectants)
Autre métier
Je ne sais pas / non concerné par une exposition identifiée

Question 2 sur 5

Combien de temps après votre dernière exposition au produit ou à l’environnement en cause vos premiers symptômes respiratoires sont-ils apparus ?

Sélectionnez un délai ▾
Moins de 7 jours
Plus de 7 jours
Je ne sais pas précisément

Question 3 sur 5

Quels examens médicaux avez-vous déjà réalisés ?

Sélectionnez une option ▾
Spirométrie (EFR) anormale ou test de provocation positif
Spirométrie réalisée mais normale, sans test complémentaire
Aucun examen fonctionnel réalisé pour l’instant

Question 4 sur 5

Vos symptômes réapparaissent-ils de façon répétée lorsque vous êtes à nouveau exposé (et s’améliorent-ils pendant vos congés ou absences) ?

Sélectionnez une option ▾
Oui, le lien avec le travail est net
Parfois, ce n’est pas systématique
Non, aucun lien identifié avec le travail

Question 5 sur 5

Avez-vous déjà entamé une déclaration de maladie professionnelle auprès de votre CPAM ?

Sélectionnez une option ▾
Oui, déjà déposée
Oui, mais elle a été refusée
Non, pas encore

Cet outil propose une orientation générale à titre informatif et ne constitue ni un diagnostic médical ni une décision de la CPAM. Seul le médecin-conseil et l’examen complet de votre dossier permettent une reconnaissance officielle. En cas de doute, rapprochez-vous de votre médecin du travail ou échangez avec nos membres et experts sur le forum.

Le diagnostic médical : les examens qui font foi

Une simple ordonnance de bronchodilatateur chez le généraliste ne suffit pas à constituer un dossier solide. Pour que votre asthme soit « objectivé » au sens du tableau 66, il faut des examens précis :

  • La spirométrie (EFR de base) : elle met en évidence un syndrome obstructif variable, l’outil de référence pour confirmer le diagnostic d’asthme.
  • Le test de provocation bronchique à la métacholine : si la spirométrie de base est normale, ce test recherche une hyperréactivité bronchique non spécifique (HRBNS), mesurée par la dose de métacholine qui provoque une chute de 20 % du VEMS (PD20). Il doit être réalisé en milieu spécialisé.
  • Les prick-tests et la recherche d’IgE spécifiques (RAST) : pour confirmer une sensibilisation allergique à un allergène précis (farine, latex, protéines animales…).

Cas concret : un agent d’entretien développe des épisodes de toux et de sifflements après chaque utilisation de produits désinfectants en spray, avec amélioration nette pendant ses congés. Son médecin généraliste lui prescrit un traitement symptomatique, mais ne réalise aucun examen fonctionnel. Sans spirométrie ni test de provocation documentés au moment des symptômes, le dossier de reconnaissance sera fragile, car rien n’objective le lien temporel avec l’exposition professionnelle.

Le piège à éviter : ne jamais réaliser une EFR pendant une crise d’asthme active — le test peut être dangereux et ininterprétable. Le bon réflexe est de consulter rapidement après la crise, idéalement un pneumologue ou un service de pathologie professionnelle d’un CHU, et de demander que les dates d’exposition et d’apparition des symptômes soient consignées précisément dans le dossier médical. La médecine du travail peut aussi déclencher ce type de bilan dans le cadre du suivi individuel renforcé.

La déclaration : démarches, formulaire et délais à ne pas rater

La reconnaissance ne se fait jamais automatiquement : c’est vous qui devez déclarer. La procédure repose sur deux documents :

  • Le certificat médical initial (CMI) rempli par votre médecin, qui décrit la pathologie et fait le lien avec votre activité professionnelle.
  • Le formulaire CERFA de déclaration de maladie professionnelle, à envoyer à votre CPAM (ou MSA si vous relevez du régime agricole) avec le CMI.

Le délai de prescription est de 2 ans à compter de la date à laquelle le médecin établit pour la première fois le lien possible entre votre maladie et votre activité professionnelle — pas à compter du début des symptômes. Une fois le dossier complet réceptionné, la CPAM dispose d’un délai d’instruction de 4 mois, qui peut être prorogé de 3 mois supplémentaires si elle estime nécessaire de diligenter une enquête administrative (interrogatoire de l’employeur, enquête sur le poste de travail).

Exemple chiffré : un salarié dont l’asthme correspond au tableau 66 dépose son dossier complet le 5 janvier. La CPAM a jusqu’au 5 mai pour se prononcer (4 mois). Si elle ouvre une enquête, elle peut repousser sa décision jusqu’au 5 août (3 mois de plus). Dans certaines situations prévues par la réglementation, l’absence de décision dans les délais impartis peut produire des effets favorables au demandeur. En pratique, il est toutefois recommandé de vérifier précisément la situation auprès de la CPAM.

Le piège à éviter : si votre arrêt de travail a d’abord été codé comme un « arrêt maladie ordinaire » classique — par erreur du médecin ou parce que vous n’aviez pas encore fait le lien avec votre travail — vous percevez initialement des indemnités journalières (IJ) calculées sur la base de 50 % du salaire, avec un délai de carence de 3 jours. Une fois la maladie professionnelle reconnue, vous avez le droit de demander la requalification rétroactive et le rattrapage de la différence avec les IJ AT/MP, plus avantageuses. Ne laissez jamais cette régularisation de côté : elle peut représenter une somme significative selon la durée de l’arrêt et la rémunération du salarié. Pour la procédure générale de déclaration, la fiche sur la maladie professionnelle détaille les étapes communes à tous les tableaux.

Indemnisation pendant l’arrêt de travail : combien allez-vous toucher ?

Une fois la maladie professionnelle reconnue, deux avantages majeurs s’appliquent par rapport à un arrêt maladie classique :

  • Aucun délai de carence : les indemnités journalières (IJ) sont versées dès le lendemain de l’arrêt.
  • Des taux et des plafonds plus élevés : l’IJ correspond à 60 % du salaire journalier de référence (SJR) pendant les 28 premiers jours, plafonnée à 240,49 € par jour en 2026, puis à 80 % du SJR à partir du 29ᵉ jour, plafonnée à 320,66 € par jour en 2026.

Exemple chiffré : un salarié dont le salaire brut mensuel est de 2 400 €. Son salaire journalier de référence s’élève à environ 78,90 € (2 400 € × 3 / 91,25, soit le calcul sur les 3 derniers mois). Du 1ᵉʳ au 28ᵉ jour d’arrêt, il perçoit environ 47,34 € par jour (60 % de 78,90 €), bien en dessous du plafond de 240,49 €. À partir du 29ᵉ jour, son IJ passe à environ 63,12 € par jour (80 % de 78,90 €), toujours sous le plafond de 320,66 €.

À cela s’ajoute la prise en charge à 100 % des soins liés à la pathologie (consultations, examens, traitements), sans avance de frais — un avantage concret quand un suivi pneumologique régulier est nécessaire pendant des mois, voire des années.

Le piège à éviter : un employeur peut compléter ces IJ par un maintien de salaire prévu par la convention collective ou un accord d’entreprise. Vérifiez systématiquement votre convention collective : certains salariés perçoivent ainsi 100 % de leur salaire net pendant une durée déterminée, sans même s’en rendre compte — et oublient de réclamer ce complément si l’employeur « l’oublie » de son côté. Pour comparer avec le régime des arrêts maladie ordinaires, vous pouvez consulter notre guide complet sur l’arrêt maladie.

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Estimez vos IJ pendant les 28 premiers jours d’arrêt, puis à partir du 29e jour (plafonds 2026).

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7 jours
14 jours
21 jours
28 jours
45 jours
60 jours
90 jours
180 jours

Cette simulation applique les taux et plafonds 2026 (60 % du salaire journalier de base pendant les 28 premiers jours, plafonné à 240,49 €/jour ; 80 % à partir du 29e jour, plafonné à 320,66 €/jour). Elle ne tient pas compte d’un éventuel maintien de salaire par votre employeur ni de la CSG/CRDS déduites des IJ. Pour le calcul officiel, contactez votre CPAM.

Séquelles : indemnité en capital ou rente viagère

Quand votre état est stabilisé (la « consolidation »), le médecin-conseil de la CPAM fixe un taux d’incapacité permanente partielle (IPP) selon un barème indicatif d’invalidité. Pour un asthme professionnel, ce taux dépend de la sévérité des séquelles respiratoires persistantes (débit ventilatoire altéré, traitement de fond au long cours, limitations dans les activités).

Deux cas de figure :

  • IPP inférieur à 10 % : vous percevez une indemnité en capital, versée en une seule fois. Pour un taux d’IPP faible, une indemnité en capital est versée selon le barème applicable à la date de reconnaissance.
  • IPP égal ou supérieur à 10 % : vous percevez une rente viagère, versée trimestriellement (taux entre 10 % et 50 %) ou mensuellement (taux à partir de 50 %).

Le calcul de la rente repose sur votre salaire annuel de référence (rémunération totale des 12 mois précédant l’arrêt de travail), avec un plancher de 21 498,18 € et un plafond de 171 985,40 € en 2026. Le taux d’IPP est ensuite converti en « taux utile » : la fraction du taux jusqu’à 50 % est divisée par deux, et la fraction au-delà de 50 % est multipliée par 1,5.

Exemple chiffré n°1 : un salarié obtient un taux d’IPP de 20 % pour des séquelles respiratoires modérées (traitement de fond quotidien, gêne à l’effort), avec un salaire annuel de référence de 28 000 €. Le taux utile est de 10 % (20 % ÷ 2). La rente annuelle s’élève à 2 800 € (28 000 € × 10 %), soit environ 233 € par mois, versés trimestriellement.

Exemple chiffré n°2 : un taux d’IPP de 40 % (séquelles plus sévères, capacité de travail nettement réduite) avec le même salaire de 30 000 € donne un taux utile de 20 % et une rente annuelle de 6 000 €, soit 500 € par mois.

Le piège à éviter : ne confondez jamais la rente AT/MP avec la pension d’invalidité. La rente AT/MP est totalement exonérée d’impôt sur le revenu, de CSG et de CRDS, alors que la pension d’invalidité (pour des affections non professionnelles) est partiellement soumise à la CSG et imposable. Les deux ne sont pas cumulables pour un même sinistre, mais peuvent l’être si elles concernent des événements distincts.

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En 2026, ce salaire est pris en compte entre un plancher de 21 498,18 € et un plafond de 171 985,40 €.

Merci d’indiquer un montant valide (nombre positif).

20 %

Ce taux est fixé par le médecin-conseil de la CPAM après consolidation de votre état.

Cette simulation est fournie à titre indicatif sur la base des règles et plafonds 2026. Elle ne remplace pas le calcul officiel effectué par votre CPAM, qui seule détermine le montant exact de votre indemnisation. Pour toute question sur votre dossier, échangez avec nos membres et experts sur le forum.

Vous contestez un refus ou un taux trop faible : les recours possibles

Deux types de désaccord avec la CPAM appellent deux recours différents :

  • Refus de prise en charge de la maladie professionnelle : vous saisissez la Commission de recours amiable (CRA) dans les 2 mois suivant la notification du refus. En cas de rejet, le recours suivant se fait devant le pôle social du tribunal judiciaire.
  • Contestation d’un taux d’IPP jugé trop faible : le recours médical passe par la Commission médicale de recours amiable (CMRA), qui peut ordonner une expertise médicale judiciaire.

Si votre situation ne remplit pas l’une des trois conditions du tableau 66 (par exemple, vos symptômes sont apparus 10 jours après la dernière exposition au lieu de 7), la reconnaissance « hors tableau » reste possible via le CRRMP, à condition de démontrer la preuve du lien direct entre votre maladie et votre travail habituel — un dossier plus lourd, qui s’appuie généralement sur l’historique d’exposition reconstitué avec l’aide du médecin du travail.

Le piège à éviter : laisser passer le délai de 2 mois pour saisir la CRA. Au-delà, le recours devient forclos sauf circonstances très particulières — votre dossier est définitivement clos, même si le refus de la caisse était manifestement infondé. Faites-vous accompagner par un médecin-conseil ou un avocat spécialisé en dommage corporel dès la réception de la notification, sans attendre le dernier jour du délai.

Et après ? Inaptitude, reclassement et faute inexcusable de l’employeur

La reconnaissance de la maladie professionnelle n’est souvent que le début. Si l’asthme persiste après reprise, le médecin du travail examine, lors de la visite médicale de reprise, la compatibilité entre votre état de santé et votre poste. S’il estime que l’exposition continue représente un danger, il peut prononcer une inaptitude — parfois en une seule visite si le maintien au poste constitue un danger immédiat.

L’employeur a alors une obligation de reclassement : rechercher un poste compatible avec votre état de santé, au sein de l’entreprise ou du groupe. Si aucun reclassement n’est possible, le licenciement pour inaptitude d’origine professionnelle ouvre droit à des indemnités doublées par rapport à un licenciement pour inaptitude ordinaire (indemnité spéciale de licenciement et indemnité compensatrice de préavis, même non effectué). Notre guide sur l’inaptitude au travail et celui sur le licenciement pour inaptitude après accident du travail détaillent ces calculs.

Dernier point, souvent méconnu : si votre employeur connaissait le risque d’exposition aux agents sensibilisants et n’a pas mis en place les mesures de protection nécessaires (ventilation, masques adaptés, suivi médical renforcé), vous pouvez engager une action en faute inexcusable de l’employeur. Cette procédure permet d’obtenir une majoration de la rente dans les conditions prévues par le Code de la sécurité sociale, en plus de l’indemnisation de certains préjudices complémentaires non couverts par le forfait habituel : souffrances physiques et morales, préjudice esthétique, préjudice d’agrément.

Exemple chiffré : un peintre en bâtiment exposé pendant 10 ans aux isocyanates sans masque à cartouche adapté ni ventilation mécanique sur ses chantiers, dont l’asthme est reconnu au tableau 66 avec un IPP de 25 %. Si la faute inexcusable est retenue par le tribunal, la rente peut être majorée dans les conditions prévues par le Code de la sécurité sociale, et une indemnisation complémentaire pour les souffrances endurées, évaluée par expertise judiciaire selon les circonstances propres au dossier, peut s’ajouter.

Le piège à éviter : ne pas attendre la fin de votre contrat de travail pour agir. L’action en faute inexcusable se prescrit dans un délai de 2 ans à compter de la consolidation ou de la date à laquelle vous avez eu connaissance du lien entre la faute et la maladie — ce délai court indépendamment de votre situation contractuelle. Notre guide sur la faute inexcusable de l’employeur détaille la procédure complète.

Tableau récapitulatif

ÉtapeDélaiMontant / Taux 2026
Apparition des symptômes après exposition (tableau 66)7 jours maximum
Déclaration de maladie professionnelle (CERFA + certificat médical)2 ans après le lien établi par le médecin
Instruction du dossier par la CPAM4 mois (+ 3 mois si enquête)
IJ pendant l’arrêt de travail (jours 1 à 28)sans délai de carence60 % du SJR, plafond 240,49 €/jour
IJ pendant l’arrêt de travail (à partir du jour 29)80 % du SJR, plafond 320,66 €/jour
Soins liés à la pathologiedurée du traitement100 % sans avance de frais
Séquelles, IPP < 10 %après consolidationindemnité en capital selon barème en vigueur
Séquelles, IPP ≥ 10 %après consolidationrente viagère = salaire annuel de référence × taux utile
Contestation (CRA)2 mois après notification
Action en faute inexcusable2 ans après consolidationmajoration de rente selon le Code de la sécurité sociale + indemnisation de préjudices complémentaires

FAQ

Quels métiers sont les plus exposés à l’asthme professionnel ? Les boulangers-pâtissiers (farines), coiffeurs (persulfates et teintures), menuisiers (poussières de bois), peintres et carrossiers (isocyanates), personnel de santé et de laboratoire (latex), ainsi que les éleveurs et vétérinaires (protéines animales) figurent parmi les professions les plus représentées dans le tableau 66.

L’asthme professionnel guérit-il une fois la maladie reconnue ? Pas toujours. La reconnaissance ouvre des droits, mais la réexposition à l’allergène peut pérenniser la maladie. Une éviction totale de la substance responsable est parfois nécessaire, ce qui implique souvent un changement de poste.

Mon employeur peut-il refuser de signer ma déclaration de maladie professionnelle ? Non, sa signature n’est pas une condition de validité de la déclaration. Vous pouvez envoyer le CERFA et le certificat médical initial directement à la CPAM, qui se charge ensuite d’interroger l’employeur dans le cadre de son enquête.

Que se passe-t-il si le délai de prise en charge de 7 jours n’est pas respecté ? La présomption automatique d’origine professionnelle peut alors être remise en cause, sous réserve de l’examen du dossier par la caisse. Il reste possible de demander une reconnaissance « hors tableau » via le CRRMP, mais vous devrez alors apporter vous-même la preuve du lien direct entre votre travail et votre maladie.

Combien de temps dure l’arrêt de travail pour asthme professionnel ? Il n’y a pas de durée fixe : l’arrêt se poursuit jusqu’à la guérison ou la consolidation, évaluée par le médecin-conseil de la CPAM en fonction de l’évolution de votre état respiratoire.

La rente d’incapacité pour asthme professionnel est-elle imposable ? Non. La rente AT/MP est totalement exonérée d’impôt sur le revenu, de CSG et de CRDS, contrairement à la pension d’invalidité.

Puis-je être licencié pendant mon arrêt pour maladie professionnelle ? Le licenciement est très encadré pendant un arrêt lié à une maladie professionnelle. Il n’est possible qu’en cas de faute grave, d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la maladie, ou à l’issue d’une procédure d’inaptitude constatée par le médecin du travail.

Que faire si la CPAM ne répond pas dans les 4 mois ? Dans certaines situations prévues par la réglementation, l’absence de décision de la CPAM dans les délais impartis (4 mois, ou 7 mois en cas d’enquête complémentaire) peut produire des effets favorables au demandeur. Il est toutefois recommandé de vérifier précisément votre situation auprès de votre caisse plutôt que de présumer une issue automatique.

Puis-je cumuler la rente AT/MP avec une pension d’invalidité ? Pas pour le même sinistre. Les deux prestations sont cumulables uniquement si elles concernent des événements de santé distincts et sans lien entre eux.

Mon asthme s’est aggravé après la reconnaissance initiale, que faire ? Vous pouvez demander une révision de votre taux d’incapacité permanente auprès de la CPAM en fournissant de nouveaux éléments médicaux. Une aggravation documentée peut donner lieu à un taux d’IPP réévalué et donc à une rente recalculée.

Conclusion

Un asthme déclenché par votre travail n’est pas une fatalité à supporter en silence : le tableau 66 ouvre des droits précis, à condition d’agir vite — le respect du délai de prise en charge de 7 jours après la dernière exposition est l’un des points les plus déterminants de tout le dossier. Entre la prise en charge spécifique des soins, les indemnités journalières majorées et, le cas échéant, la rente d’incapacité, l’indemnisation peut représenter une somme significative sur la durée.

Une question sur votre situation ? Nos membres et experts vous répondent gratuitement sur le forum.

Sarah L.
Sarah L.
Juriste spécialisée en Droit Social et protection des salariés. Passionnée par l'actualité législative, Sarah décrypte pour Mondedutravail.fr les textes de loi complexes (Code du travail, réformes des retraites, aides sociales) pour les rendre clairs et accessibles à tous. Elle assure une veille juridique rigoureuse pour garantir la fiabilité de vos droits.

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