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Peut-on travailler pendant ses congés d’été ?

Travailler pendant ses congés d’été 2026


Chaque été, des milliers de salariés font la même erreur : ils acceptent un job pendant leurs vacances sans vérifier leur contrat, sans calculer leurs heures cumulées, sans penser une seconde aux conséquences. Pour certains, la facture arrive à la rentrée — sous la forme d’une convocation chez le DRH. Quelques heures de travail mal encadrées peuvent parfois coûter un emploi stable.

Alors, peut-on vraiment travailler pendant ses congés d’été en 2026 ? Oui — mais pas sans règles, et pas sans avoir vérifié votre situation personnelle. Voici tout ce que vous devez savoir avant d’accepter quoi que ce soit.


1. Ce que dit le Code du travail sur les congés payés en 2026

La règle de base est posée par l’article L. 3141-1 du Code du travail : tout salarié a droit à 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) par an.

Mais la loi va plus loin que le simple décompte de jours. L’objectif des congés payés est le repos. Ce principe, consacré depuis la loi fondatrice du 20 juin 1936 et confirmé par la jurisprudence constante de la Cour de cassation, a une conséquence directe et souvent ignorée :

Travailler pour votre employeur habituel pendant vos congés payés est strictement interdit — sous quelque forme que ce soit : télétravail, astreinte informelle, réponses régulières aux mails professionnels, appels téléphoniques de travail récurrents.

L’article L. 3141-28 du Code du travail est sans ambiguïté : votre employeur ne peut pas vous demander de travailler pendant vos congés, et vous ne pouvez pas renoncer à vos congés en échange d’une compensation financière — sauf cas très encadrés.

Le congé principal d’été : ce que la loi impose

Le congé principal doit être d’au moins 12 jours ouvrables consécutifs et ne peut excéder 24 jours ouvrables consécutifs sauf dérogation. Il doit être pris entre le 1er mai et le 31 octobre. Votre droit à la déconnexion s’applique pleinement pendant cette période.


⚠️ 2. Les 3 erreurs qui peuvent vous faire licencier pendant vos congés


🔴 ERREUR N°1 — Travailler pour un concurrent de votre employeur

Même sans clause d’exclusivité écrite dans votre contrat, exercer une activité chez un concurrent direct constitue un manquement à l’obligation de loyauté. La Cour de cassation l’a confirmé à plusieurs reprises (Cass. soc., 21 octobre 2003 ; Cass. soc., 5 juillet 2017) : c’est un motif de licenciement pour faute grave, sans indemnités.

🔴 ERREUR N°2 — Utiliser les outils ou ressources de votre entreprise

Logiciels, CRM, bases de données clients, véhicule de fonction, adresse email professionnelle… Utiliser les ressources de votre employeur pour un travail extérieur pendant vos congés constitue une faute grave, voire une faute lourde si le préjudice est intentionnel. Une action pénale pour abus de confiance est possible dans les cas extrêmes.

🔴 ERREUR N°3 — Dépasser les durées maximales légales de travail cumulées

Beaucoup de salariés l’ignorent : les durées maximales légales s’appliquent à l’ensemble de vos activités, quel que soit le nombre d’employeurs. Si vous enchaînez 60h/semaine de travail physique intense pendant vos vacances, vous exposez votre santé et vous prenez un risque juridique à la reprise. Par prudence, il est recommandé de respecter les plafonds légaux — 10h/jour et 48h/semaine — pour éviter tout risque pour la santé ou tout litige ultérieur.


3. Travailler pour un autre employeur pendant ses congés : est-ce légal ?

La loi n’interdit pas explicitement de travailler pour un autre employeur pendant ses congés payés. Mais cette liberté est encadrée par plusieurs conditions cumulatives qui, si elles ne sont pas respectées, transforment une opportunité en bombe à retardement.

Ce qui est autorisé

Vous pouvez travailler pour un autre employeur (ou à votre compte) pendant vos congés si :

  • Aucune clause d’exclusivité ne figure dans votre contrat de travail
  • Votre activité n’est pas concurrente de celle de votre employeur principal
  • Vous n’utilisez aucune ressource appartenant à votre employeur
  • Vous ne démissionnez pas de votre activité secondaire des clients ou contacts de votre employeur
  • Par prudence, les durées maximales légales sont respectées dans le cumul de vos activités

Exemple concret : vous êtes comptable en CDI dans une PME à Lyon. Pendant 15 jours en août, vous participez aux vendanges en Bourgogne. Aucune clause d’exclusivité, aucun lien de concurrence, pas d’outils professionnels utilisés. C’est parfaitement légal.

Ce qui est interdit

  • Travailler chez un concurrent direct
  • Utiliser des outils, données ou contacts de votre employeur
  • Exercer une activité qui viole votre clause d’exclusivité
  • Travailler pour votre propre employeur sous une autre forme (en tant que consultant freelance, par exemple) sans accord exprès écrit

Pour aller plus loin sur les règles du temps de travail en 2026 et les plafonds légaux détaillés, consultez notre guide dédié.


4. L’obligation de loyauté : le piège que peu de salariés connaissent

Même si votre contrat ne contient aucune clause d’exclusivité rédigée, vous restez soumis à une obligation de loyauté envers votre employeur pendant toute la durée du contrat — congés compris.

Cette obligation découle de l’article L. 1222-1 du Code du travail (exécution de bonne foi du contrat de travail) et a été précisée par une jurisprudence constante.

SituationLoyauté respectée ?
Job saisonnier dans un secteur sans lien avec votre activité✅ Oui
Mission freelance pour un client non concurrent✅ Oui
Travail pour un concurrent direct de votre employeur❌ Non
Démarchage des clients de votre employeur pour votre compte❌ Non
Utilisation de données confidentielles de votre employeur❌ Non
Révélation de savoir-faire ou procédés internes à un tiers❌ Non

Piège classique : vous êtes développeur web en CDI dans une agence digitale. Pendant vos congés, vous acceptez une mission pour une autre agence — qui est cliente de votre employeur. Même sans clause d’exclusivité, ce comportement peut constituer un manquement à l’obligation de loyauté et un motif de licenciement pour faute grave. Le fait d’être « en vacances » ne change rien à cette analyse juridique.


🔍 5. Ce que vérifient réellement les prud’hommes


Quand un litige éclate après qu’un salarié a travaillé pendant ses congés, le Conseil de prud’hommes ne se contente pas de regarder si une clause d’exclusivité existait. Les juges examinent systématiquement trois questions :

1. Y avait-il un lien de concurrence réel ou potentiel ? Pas besoin que le salarié ait activement nui à son employeur. Il suffit que l’activité exercée pendant les congés soit susceptible de lui porter préjudice — même indirectement.

2. L’employeur avait-il connaissance de l’activité ? Si le salarié a informé son employeur et que celui-ci n’a pas réagi, cela peut atténuer la faute. Le silence de l’employeur peut être interprété comme une tolérance implicite — mais ce n’est pas une garantie absolue.

3. L’activité a-t-elle causé un préjudice démontrable ? Perte d’un client, révélation d’informations confidentielles, dégradation de l’image de l’entreprise : plus le préjudice est concret, plus la sanction sera sévère.

Les situations qui déclenchent le plus souvent un licenciement : travail pour un concurrent dans le même bassin d’emploi, utilisation du fichier clients de l’employeur, création d’une entreprise concurrente pendant les congés, ou mission effectuée via la même plateforme freelance que celle utilisée par l’employeur.


6. Les règles selon votre situation

Vous avez une clause d’exclusivité

Elle vous interdit d’exercer toute autre activité professionnelle rémunérée pendant la durée de votre contrat. Pour être valable, elle doit être justifiée par la nature du poste et proportionnée au but recherché. Une clause trop large peut être déclarée nulle par le juge. En cas de doute, consultez notre guide sur vos droits de salarié en 2026.

Vous avez une clause de non-concurrence

Elle ne s’applique qu’après la rupture du contrat. Elle ne vous interdit pas de travailler pour un concurrent pendant vos congés — mais l’obligation de loyauté, elle, s’applique toujours.

Vous êtes à temps partiel

Le cumul est en principe plus accessible, tant que les plafonds légaux sont respectés sur l’ensemble de vos activités. Voir notre article sur le temps de travail.

Vous êtes demandeur d’emploi indemnisé

Si vous percevez l’ARE (Allocation de Retour à l’Emploi) et reprenez une activité pendant vos « congés », des règles strictes de cumul s’appliquent. Toute reprise d’activité doit être déclarée à France Travail. Consultez notre guide sur les droits au chômage en 2026 pour éviter tout remboursement indu.


7. Jobs d’été concrets : autorisés ou non ?

✅ Ce que vous pouvez faire

Vendanges et travaux agricoles saisonniers Emploi physique, secteur sans lien avec la plupart des CDI. Rémunération au SMIC (11,88 €/h en 2026), contrats via le TESA (Titre Emploi Simplifié Agricole). Durée classique : 2 à 6 semaines.

Extras en restauration et hôtellerie Contrats courts, souvent journaliers, déclarés via DPAE. Très courant dans les zones touristiques. Attention aux cumuls d’horaires.

Animation, BAFA, surveillance de baignade Emplois saisonniers bien encadrés. Nécessitent souvent une qualification (BAFA, BNSSA). Consultez notre article sur les jobs d’été bien payés pour étudiants.

Rédaction, traduction, saisie de données en ligne Possible si aucune concurrence avec votre employeur et pas de clause d’exclusivité.

Livraison et services à la demande Via des plateformes légales. Si vous intervenez comme auto-entrepreneur (et non salarié de la plateforme), les règles du freelance s’appliquent.

❌ Ce que vous ne pouvez pas faire

  • Travailler pour un client direct de votre employeur
  • Utiliser vos accès professionnels (logiciels, CRM, messagerie) pour des missions personnelles
  • Créer une entreprise concurrente pendant vos congés sans en informer votre employeur
  • Accepter un poste dans une entreprise avec laquelle votre employeur est en négociation commerciale

8. Freelance et micro-entrepreneur pendant les congés

De plus en plus de salariés gèrent une micro-entreprise en parallèle de leur CDI. Peuvent-ils facturer des clients pendant leurs congés payés ?

Oui, sous conditions :

  1. Pas de clause d’exclusivité violée
  2. Obligation de loyauté respectée : pas de démarchage des clients de l’employeur, pas de travail pour des concurrents
  3. Durées maximales respectées par prudence : même pendant les congés, évitez de cumuler des volumes horaires excessifs susceptibles d’affecter votre santé ou de fragiliser votre position en cas de litige
  4. Obligations déclaratives maintenues : votre micro-entreprise continue d’exister pendant vos congés — les déclarations de CA (mensuel ou trimestriel) ne s’arrêtent pas

Bon à savoir : certaines conventions collectives (banque, assurance, audit, pharmacie) sont bien plus restrictives que la loi sur ce point. Vérifiez systématiquement votre convention avant de développer une activité annexe.

Pour tout comprendre sur la compatibilité entre CDI et activité indépendante : freelance vs salarié en 2026 et notre guide pour créer une micro-entreprise.


9. Fonctionnaires : des règles encore plus strictes

Les agents de la fonction publique sont soumis au décret n° 2020-69 du 30 janvier 2020 et à la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 (statut général des fonctionnaires).

Depuis la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique, les fonctionnaires peuvent exercer certaines activités privées lucratives à titre accessoire — sous réserve d’une autorisation préalable de leur administration et à condition que l’activité ne porte pas atteinte à la dignité des fonctions ni au bon fonctionnement du service public.

Ce qui reste interdit aux fonctionnaires

  • Toute activité concurrente du service public exercé
  • La participation aux organes de direction d’une société commerciale
  • Toute situation impliquant un conflit d’intérêts réel ou apparent

Piège spécifique : un enseignant qui donne des cours particuliers payants de façon régulière pendant les vacances scolaires doit déclarer cette activité à son rectorat. Ne pas le faire expose à des sanctions disciplinaires. « Pendant les vacances » ne signifie pas « hors de tout cadre déontologique ».


10. Risques et sanctions

Pour le salarié

ManquementRisque
Travail pour un concurrentLicenciement pour faute grave (sans indemnités)
Violation d’une clause d’exclusivitéLicenciement + dommages-intérêts potentiels
Utilisation des outils de l’employeurLicenciement pour faute grave + action pénale possible
Dépassement excessif des durées de travailRisque santé + fragilité en cas de litige
Travail non déclaréRedressement URSSAF + pénalités + poursuites pénales

Pour le second employeur

L’entreprise qui vous emploie pendant vos congés doit vous déclarer normalement (DPAE, cotisations sociales). Si elle savait que vous étiez sous clause d’exclusivité, sa responsabilité peut être engagée pour complicité de violation contractuelle.

Pour comprendre tous les risques du travail non déclaré : les risques de travailler au noir.


11. La checklist avant d’accepter un job d’été

① Relisez votre contrat de travail Cherchez les clauses d’exclusivité, de non-concurrence, et toute disposition limitant vos activités annexes.

② Vérifiez votre convention collective Les secteurs bancaire, pharmaceutique ou de l’audit imposent souvent des restrictions bien au-delà de la loi.

③ Évaluez le lien de concurrence Le futur employeur est-il dans le même secteur ? Travaille-t-il avec vos clients ou fournisseurs ? En cas de doute, c’est non.

④ Calculez vos volumes horaires cumulés Par prudence, restez sous les plafonds légaux même en période de congés — votre santé et votre position juridique en dépendent.

⑤ Exigez un contrat écrit CDD saisonnier, contrat d’extras, mission freelance : tout doit être formalisé et déclaré. C’est votre protection en cas de litige.

⑥ Vérifiez votre situation vis-à-vis de France Travail Si vous percevez l’ARE, toute reprise d’activité doit être déclarée. Les règles de cumul sont précises et les contrôles fréquents. Voir notre guide : droits au chômage en 2026.


FAQ

Mon employeur peut-il m’interdire de travailler pendant mes congés ? Sans clause contractuelle valable, il ne peut pas vous interdire toute activité. En revanche, il ne peut en aucun cas exiger que vous travailliez pour lui. Si les sollicitations professionnelles sont récurrentes, consultez notre guide sur le harcèlement moral au travail.

Puis-je travailler si je suis en arrêt maladie ? Non. Toute activité professionnelle rémunérée pendant un arrêt maladie est interdite, sauf autorisation médicale expresse. En cas de contrôle : suspension des indemnités journalières et risque de poursuites pour fraude.

Mon employeur peut-il savoir que je travaille ailleurs ? Légalement, vous n’êtes pas tenu de l’informer si vous respectez toutes les conditions. En pratique : méfiez-vous de LinkedIn et des réseaux sociaux professionnels qui peuvent révéler une activité annexe.

Peut-on cumuler deux emplois à plein temps pendant l’été ? Non. Les plafonds légaux — 10h/jour et 48h/semaine — s’appliquent à l’ensemble de vos activités, quel que soit le nombre d’employeurs. Par prudence, il est recommandé de les respecter même en période de suspension du contrat principal.

Les revenus d’un job d’été sont-ils imposables ? Oui, tout revenu d’activité est imposable. Les étudiants bénéficient d’exonérations partielles dans certains cas — voir notre guide sur les aides étudiantes 2026.

Que faire si mon employeur me contacte pendant mes congés ? Vous avez le droit de refuser. Le droit à la déconnexion est consacré par l’article L. 2242-17 du Code du travail. Conservez les preuves de toute pression répétée.

Mon employeur peut-il annuler mes congés après les avoir accordés ? Oui, dans des cas limités et avec un préavis suffisant. Tout préjudice démontrable (billets, réservations) peut être remboursé. Consultez notre guide complet sur les congés payés.

Le burn-out lié à un été surchargé est-il reconnu ? La surcharge pendant les congés peut aggraver un épuisement professionnel existant. Pour comprendre les signaux d’alarme : notre guide sur le burn-out.


Conclusion

Chaque été, des salariés pensent pouvoir accepter n’importe quel job parce qu’ils sont officiellement « en vacances ». Pourtant, quelques heures de travail mal encadrées — chez le mauvais employeur, avec les mauvais outils, dans le mauvais secteur — peuvent parfois coûter un emploi stable, des indemnités de licenciement, et des mois de procédure aux prud’hommes.

Travailler pendant ses congés d’été en 2026, c’est possible. C’est même souvent judicieux sur le plan financier. Mais c’est une décision qui mérite deux heures de relecture de votre contrat et de votre convention collective — pas une signature impulsive parce qu’un ami vous a proposé un extra sympa.

Votre situation est particulière ? Votre contrat contient une clause que vous ne comprenez pas ? Venez en discuter sur le forum mondedutravail.fr — notre communauté et nos experts répondent à toutes les questions concrètes..

Sarah L.
Sarah L.
Juriste spécialisée en Droit Social et protection des salariés. Passionnée par l'actualité législative, Sarah décrypte pour Mondedutravail.fr les textes de loi complexes (Code du travail, réformes des retraites, aides sociales) pour les rendre clairs et accessibles à tous. Elle assure une veille juridique rigoureuse pour garantir la fiabilité de vos droits.

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