Vous êtes agent de la fonction publique et vous approchez de la retraite ? Âge légal, durée de cotisation, calcul de la pension, catégories actives, minimum garanti… Les règles applicables aux fonctionnaires sont fondamentalement différentes de celles du privé : elles peuvent être plus favorables sur certains points, mais aussi moins avantageuses pour les agents dont la rémunération comprend beaucoup de primes. Voici tout ce que vous devez savoir pour ne pas partir trop tôt, ni trop tard.
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1. Qui est concerné par le régime de retraite des fonctionnaires ?
Le régime de retraite des fonctionnaires — appelé régime de la CNRACL (pour les agents territoriaux et hospitaliers) ou Service des Retraites de l’État (SRE) (pour les fonctionnaires d’État) — concerne tous les agents titulaires de la fonction publique :
- Fonctionnaires d’État : enseignants, militaires, agents des ministères, magistrats, etc.
- Fonctionnaires territoriaux : agents des communes, des départements, des régions.
- Fonctionnaires hospitaliers : infirmiers, aides-soignants, médecins hospitaliers, etc.
⚠️ Attention : Les agents contractuels (CDD ou CDI de droit public) ne relèvent pas du régime des fonctionnaires. Ils cotisent à l’Assurance Retraite (CNAV) comme les salariés du privé, avec en complément l’IRCANTEC. Si vous avez eu des périodes en tant que contractuel avant votre titularisation, ces trimestres sont comptabilisés séparément.
Les règles présentées ici s’appliquent aux agents titulaires. Pour les contractuels qui dépendent du régime général, consultez notre guide sur le calcul de l’allocation chômage (ARE).
2. Quel est l’âge légal de départ à la retraite en 2026 ? {#age-legal}
Depuis la réforme des retraites de 2023, l’âge légal de départ à la retraite est progressivement relevé. En 2026, voici où en est le calendrier :
Pour les fonctionnaires de catégorie sédentaire
| Année de naissance | Âge légal de départ |
|---|---|
| Avant 1961 | 62 ans |
| 1961 | 62 ans et 3 mois |
| 1962 | 62 ans et 6 mois |
| 1963 | 62 ans et 9 mois |
| 1964 | 63 ans |
| 1965 | 63 ans |
| 1966 | 63 ans et 3 mois |
| 1967 | 63 ans et 6 mois |
| 1968 | 63 ans et 9 mois |
| À partir de 1969 | 64 ans |
À quel âge puis-je partir à la retraite ?
Âge légal, trimestres requis, date estimée
Âge légal
—
Trimestres requis
—
Trimestres manquants
—
Départ à taux plein estimé
—
Estimation indicative. Les catégories actives et super-actives dépendent du corps et des services accomplis. Vérifiez auprès de la CNRACL ou du SRE.
En 2026, il faut raisonner par génération, et non seulement par année civile. Un fonctionnaire sédentaire né en 1962 relève d’un âge légal de 62 ans et 6 mois. Un agent né en 1964 ou en 1965 relève d’un âge légal de 63 ans. L’âge légal de 64 ans concerne les générations nées à partir de 1969.
Pour les fonctionnaires de catégorie active et super-active
Les agents exerçant des métiers pénibles ou à risque bénéficient de conditions plus favorables :
- Catégorie active : départ possible plus tôt que les agents sédentaires, sous réserve d’avoir accompli la durée minimale de services actifs exigée.
- Catégorie super-active : règles encore plus spécifiques pour certains corps exposés, avec des conditions d’âge et de durée de services propres à chaque statut.
Ces seuils sont détaillés dans la section catégories actives.
3. Combien faut-il de trimestres pour une retraite à taux plein ?
Pour comprendre la retraite des fonctionnaires, il faut distinguer deux notions souvent confondues :
- le taux plein, qui signifie que la pension n’est pas minorée par une décote ;
- le taux maximal de liquidation, qui correspond en principe à 75 % du dernier traitement indiciaire brut, voire jusqu’à 80 % dans certains cas avec bonifications.
Un fonctionnaire peut donc avoir une pension « à taux plein » parce qu’il n’a pas de décote, sans forcément percevoir 75 % de son dernier traitement si sa durée de services liquidables dans la fonction publique est insuffisante.
La durée d’assurance requise
Comme dans le privé, la durée de cotisation requise dépend de l’année de naissance :
| Génération | Trimestres requis | Équivalent en années |
|---|---|---|
| Née en 1961 | 169 | 42 ans et 3 mois |
| Née en 1962 | 169 | 42 ans et 3 mois |
| Née en 1963 | 170 | 42 ans et 6 mois |
| Née en 1964 | 171 | 42 ans et 9 mois |
| Née en 1965 | 171 | 42 ans et 9 mois |
| Née en 1966 et après | 172 | 43 ans |
Exemple concret : Vous êtes né en 1965 et vous avez commencé à cotiser à 22 ans. À 64 ans, vous totalisez environ 42 années d’assurance, soit 168 trimestres. Or votre génération doit atteindre 172 trimestres pour éviter la décote avant 67 ans. Il vous manque donc 4 trimestres : vous pouvez partir avec une pension minorée, ou prolonger votre activité pour réduire ou supprimer la décote.
L’âge d’annulation de la décote
Même sans avoir tous vos trimestres, vous pouvez obtenir une pension sans décote à l’âge d’annulation de la décote. Pour les fonctionnaires sédentaires, cet âge est généralement fixé à 67 ans. Pour certains agents actifs ou super-actifs, il peut dépendre du corps et des règles statutaires applicables.
Qu’est-ce qui compte comme trimestre pour un fonctionnaire ?
- Les trimestres cotisés (service effectif)
- Les trimestres assimilés (maladie, maternité, accident de service, chômage indemnisé)
- Les périodes de service national, prises en compte selon les règles applicables au dossier
- Les majorations ou bonifications liées aux enfants, dont les règles varient selon la date de naissance ou d’adoption, la situation du parent et la période concernée. Les enfants nés ou adoptés avant 2004 ne sont pas traités de la même manière que ceux nés ou adoptés après cette date.
4. Comment est calculée la pension des fonctionnaires ?
La formule de calcul de la pension des fonctionnaires est radicalement différente de celle du privé. Oubliez les points AGIRC-ARRCO : ici, c’est le traitement indiciaire qui sert de base.
La formule officielle
Pension brute = Traitement indiciaire brut de référence × 75 % × (nombre de trimestres liquidables / nombre de trimestres requis) ± décote ou surcote éventuelle
Détail de chaque composante :
1. Le traitement indiciaire brut de référence La pension est calculée sur le traitement correspondant à l’indice détenu pendant au moins 6 mois avant la radiation des cadres. Les primes et indemnités ne sont pas intégrées dans cette pension principale, sauf éléments particuliers comme la Nouvelle Bonification Indiciaire lorsqu’elle ouvre droit à pension. En revanche, une partie des primes peut générer des droits distincts au titre de la retraite additionnelle de la fonction publique, la RAFP.
À titre indicatif, un indice majoré 650 correspond à environ 3 200 € brut mensuels avec une valeur du point proche de 4,92 €.
2. Le taux maximal de liquidation Le taux maximal est en principe de 75 %. Il peut être porté jusqu’à 80 % avec certaines bonifications. Pour l’atteindre, il faut réunir suffisamment de trimestres liquidables dans la fonction publique. Ce point ne doit pas être confondu avec le « taux plein », qui désigne l’absence de décote.
3. La décote et la surcote
- Décote : si vous n’avez pas vos trimestres, chaque trimestre manquant réduit votre pension de 1,25 % (jusqu’à un maximum de 25 %).
- Surcote : si vous continuez à travailler au-delà de l’âge légal ET de la durée requise, chaque trimestre supplémentaire ajoute 1,25 % à votre pension, sans plafond.
Exemple chiffré : Une agente née en 1962 part avec un traitement indiciaire brut de référence de 3 050 € et 165 trimestres liquidables pour une durée requise de 169 trimestres. Sa pension avant décote se calcule ainsi : 3 050 × 75 % × 165/169, soit environ 2 235 € brut. Si 4 trimestres manquent pour éviter la décote, une minoration de 5 % peut ensuite s’appliquer, soit une pension d’environ 2 123 € brut. Le calcul réel doit toujours être vérifié avec le SRE ou la CNRACL, car certaines bonifications ou périodes particulières peuvent modifier le résultat.
Simulateur de pension fonctionnaire 2026
Estimation indicative — vérifiez auprès de la CNRACL ou du SRE
Pension brute estimée
—
Trimestres requis
—
Décote / surcote
—
Estimation indicative hors bonifications, RAFP et cas particuliers. Ne se substitue pas à une simulation officielle CNRACL ou SRE.
Ce qui n’est pas pris en compte : attention aux pièges
- Les primes et indemnités dans la pension principale, sauf exceptions très limitées comme la NBI lorsqu’elle ouvre droit à pension — en revanche, une partie des primes peut générer des droits à la RAFP (retraite additionnelle de la fonction publique)
- Les heures supplémentaires
- Les avantages en nature
C’est pourquoi un fonctionnaire dont 30 % de la rémunération est composée de primes peut avoir une pension relativement basse par rapport à son revenu réel. Pour estimer vos revenus futurs, utilisez notre simulateur salaire 2026.
5. Les catégories actives et super-actives : partir plus tôt
C’est l’un des avantages les plus significatifs de la fonction publique pour les métiers exposés.
Qu’est-ce qu’un emploi de catégorie active ?
Un emploi est classé en catégorie active s’il présente un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles : travail de nuit, travail dangereux, contact avec des personnes malades, etc.
Exemples d’emplois en catégorie active :
- Infirmiers et infirmières (hospitaliers)
- Aides-soignants
- Policiers (après 17 ans de service actif)
- Surveillants pénitentiaires
- Agents d’exploitation des travaux publics
- Personnels navigants de la DGAC
Condition générale : avoir accompli au moins 17 ans dans un ou plusieurs emplois classés en catégorie active. Depuis 2024, certains services accomplis comme contractuel dans un emploi actif avant titularisation peuvent être pris en compte sous conditions.
Avantage : l’âge d’ouverture des droits est abaissé par rapport aux emplois sédentaires. Selon la génération, il peut progressivement atteindre 59 ans pour les agents actifs, au lieu de 64 ans pour les sédentaires nés à partir de 1968. Il ne faut donc pas retenir un âge unique valable pour tous : le bon âge dépend de l’année de naissance, du corps, de l’emploi occupé et de la durée de services actifs.
Les emplois dits « super-actifs » : des règles encore plus spécifiques
Certains corps bénéficient de règles plus favorables que la catégorie active classique : policiers en service actif, personnels de surveillance pénitentiaire, sapeurs-pompiers professionnels, personnels de certains réseaux souterrains, etc.
Les conditions varient fortement selon le corps : durée minimale de services actifs, âge d’ouverture des droits, limites d’âge, bonifications éventuelles. Il est donc préférable d’éviter toute règle générale du type « départ à 52 ans » ou « départ à 54 ans » sans vérifier le statut précis de l’agent.
6. Le minimum garanti : protéger les petites pensions {#minimum-garanti}
Contrairement au privé (qui a le minimum contributif, dit MICO), la fonction publique dispose du minimum garanti. C’est un plancher sous lequel la pension ne peut pas descendre, à condition d’avoir une durée de service suffisante.
Montant du minimum garanti en 2026
À compter du 1er janvier 2026, le montant maximal du minimum garanti est de 1 366,35 € brut par mois, soit 16 396,20 € brut par an. Ce montant maximal concerne les carrières remplissant les conditions permettant d’obtenir le minimum garanti complet. Pour les carrières plus courtes, le montant varie selon le nombre de trimestres ou d’années de services retenus.
Conditions pour en bénéficier
Vous pouvez bénéficier du minimum garanti si votre pension remplit les conditions prévues par le régime, notamment lorsque vous partez sans décote, lorsque vous atteignez l’âge d’annulation de la décote, ou dans certains cas particuliers comme l’invalidité. Le montant dépend ensuite de la durée de services prise en compte. Ce n’est donc pas une allocation forfaitaire versée automatiquement à tous les fonctionnaires retraités.
Ai-je droit au minimum garanti ?
Plancher de pension 2026 — 1 366,35 € brut/mois maximum
Éligibilité
—
Minimum garanti applicable
—
Pension retenue
—
Estimation indicative. Vérifiez votre situation auprès de la CNRACL ou du SRE. Le minimum garanti dépend de conditions précises qui varient selon le dossier.
7. Retraite anticipée : les cas possibles pour les fonctionnaires
Carrière longue
Les fonctionnaires ayant commencé à travailler très jeunes peuvent partir avant l’âge légal, comme dans le privé :
- Début avant 16 ans : départ possible avant 60 ans, sous conditions strictes ;
- Début avant 18 ans : départ possible autour de 60 ans, sous conditions ;
- Début avant 20 ans : départ possible avant l’âge légal de droit commun, sous conditions ;
- Début avant 21 ans : départ anticipé possible depuis la réforme, sous réserve de réunir la durée cotisée exigée.
Les âges exacts et le nombre de trimestres cotisés exigés varient selon l’année de naissance. Il faut donc vérifier la situation avec le simulateur officiel ou auprès du régime compétent.
Pour les fonctionnaires ayant commencé leur carrière dans le privé avant d’être titularisés, les trimestres des deux régimes sont additionnés.
Handicap
Les fonctionnaires ayant travaillé avec une incapacité permanente d’au moins 50 % peuvent, sous conditions de durée d’assurance et de durée cotisée, partir en retraite anticipée dès 55 ans. La reconnaissance administrative du handicap doit être vérifiée sur toute la période concernée. Pour en savoir plus sur les droits des travailleurs en situation de handicap, consultez notre guide complet sur les travailleurs handicapés et la RQTH.
Invalidité
Un fonctionnaire titulaire peut être admis à la retraite pour invalidité lorsqu’il est reconnu définitivement inapte à l’exercice de ses fonctions et qu’aucun reclassement n’est possible, selon la procédure applicable. Cette retraite peut intervenir sans condition d’âge. Lorsque l’invalidité est imputable au service, des droits spécifiques peuvent s’ajouter selon la situation. Pour comprendre les règles d’inaptitude dans la fonction publique, lisez notre article sur l’inaptitude au travail en 2026.
Pénibilité : attention, le C2P ne s’applique pas aux fonctionnaires titulaires
Le Compte professionnel de prévention, ou C2P, concerne les salariés de droit privé exposés à certains facteurs de risques professionnels. Il ne constitue pas, en l’état, un dispositif général de départ anticipé pour les fonctionnaires titulaires.
Dans la fonction publique, la prise en compte de la pénibilité repose principalement sur le classement de certains emplois en catégorie active ou super-active, avec des règles propres à chaque corps. Les agents contractuels de droit public relèvent de règles différentes selon leur situation.
8. La retraite progressive dans la fonction publique
Bonne nouvelle : depuis le 1er septembre 2023, la retraite progressive est accessible aux fonctionnaires, alors qu’elle leur était auparavant interdite.
Principe
Vous réduisez votre activité et percevez, en parallèle, une fraction de votre pension provisoire. Vous continuez à travailler, à cotiser et à améliorer vos droits jusqu’à la liquidation définitive de votre retraite.
Conditions en 2026
Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive des agents publics est ouverte à partir de 60 ans, sous réserve de remplir les autres conditions. Il faut notamment justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance retraite tous régimes de base confondus et exercer son activité à temps partiel ou selon une quotité réduite, généralement comprise entre 40 % et 80 % d’un temps complet.
Avantages concrets
- Allégement progressif de la charge de travail avant la retraite complète
- Maintien d’une activité professionnelle (et des avantages associés : mutuelle, tickets-restaurant…)
- Acquisition de trimestres supplémentaires pour améliorer la pension définitive
Pour approfondir ce sujet, lisez notre article complet sur la retraite progressive.
9. Cumuler emploi et retraite quand on est fonctionnaire
Depuis 2023, les règles du cumul emploi-retraite ont été assouplies. En 2026, les fonctionnaires retraités peuvent :
Cumul libéralisé (sans plafond de revenus)
Possible si vous avez liquidé tous vos droits à la retraite (tous régimes confondus) à taux plein ET que vous avez atteint l’âge légal.
Dans ce cas, vous pouvez exercer n’importe quelle activité rémunérée (y compris dans la fonction publique, sous certaines conditions) sans limitation de revenus.
Cumul plafonné dans les autres cas
Si les conditions du cumul libéralisé ne sont pas réunies, le cumul reste possible mais il peut être plafonné. En cas de dépassement du plafond applicable, l’excédent est déduit de la pension. Les règles varient selon la nature de l’activité reprise, le régime concerné et la situation du retraité : il faut donc éviter de raisonner uniquement avec un seuil général du type « dernier traitement » ou « 1,6 SMIC ».
Si vous réfléchissez également à la pension de réversion pour protéger votre conjoint, consultez notre guide sur les conditions et démarches de la pension de réversion.
Pour les règles complètes du cumul emploi-retraite, consultez notre guide dédié : cumul emploi-retraite 2026.
10. Les pièges à éviter avant de partir
Piège n°1 : Partir trop tôt avec une décote définitive
La décote est permanente : elle s’applique toute votre vie sur votre pension. Quelques mois d’attente peuvent faire une différence de plusieurs dizaines d’euros par mois pendant 20 ou 30 ans. Sur 25 ans de retraite, 50 €/mois de décote représentent 15 000 € perdus.
Piège n°2 : Négliger les périodes de service militaire ou d’études
Certaines périodes sont rachetables : années d’études supérieures (rachat de trimestres via le dispositif commun), service militaire (pris en compte automatiquement). Vérifiez votre relevé de carrière au moins 2 ans avant votre départ prévu.
Piège n°3 : Oublier le droit à l’information retraite
Tout agent a droit à un entretien d’information retraite auprès de son service RH à partir de 45 ans. Demandez-le — c’est gratuit et souvent révélateur d’erreurs dans votre dossier.
Piège n°4 : Confondre indice de traitement et rémunération globale
Seul votre traitement indiciaire brut sert de base au calcul. Si vos primes représentent 40 % de votre salaire réel, votre pension sera bien inférieure à 75 % de ce que vous gagnez effectivement. Faites vos calculs en amont.
Piège n°5 : Sous-estimer l’impact du temps partiel sur la pension
Les périodes à temps partiel peuvent réduire la durée de services prise en compte pour le calcul de la pension, sauf mécanismes particuliers comme la surcotisation ou certaines périodes liées à l’éducation des enfants. Avant un départ, il faut donc vérifier précisément comment vos années à temps partiel ont été comptabilisées dans votre relevé de carrière. De même, les périodes de congé sans solde ne génèrent en principe aucun droit à pension — vérifiez leur impact sur votre dossier.
FAQ — Les vraies questions sur la retraite des fonctionnaires
À quel âge un fonctionnaire peut-il partir à la retraite en 2026 ?
En 2026, l’âge légal dépend de l’année de naissance. Un fonctionnaire sédentaire né en 1962 relève d’un âge légal de 62 ans et 6 mois ; un agent né en 1964 relève d’un âge légal de 63 ans ; l’âge légal de 64 ans concerne les générations nées à partir de 1969. Les agents de catégorie active ou super-active peuvent partir plus tôt, sous réserve de remplir les conditions propres à leur corps et à leur durée de services actifs.
Combien d’années de service faut-il pour une retraite à taux plein ?
Il faut distinguer la durée d’assurance tous régimes, qui permet d’éviter la décote, et la durée de services liquidables dans la fonction publique, qui sert à calculer le pourcentage de pension. Pour les générations nées à partir de 1965, la durée d’assurance requise est de 172 trimestres. Le taux maximal de liquidation est en principe de 75 %, mais il suppose une durée suffisante de services et bonifications dans la fonction publique.
Les primes sont-elles prises en compte pour la retraite des fonctionnaires ?
Pas dans la pension principale, sauf cas particuliers comme la Nouvelle Bonification Indiciaire lorsqu’elle ouvre droit à pension. En revanche, une partie des primes peut ouvrir des droits à la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP). C’est pourquoi un agent dont la rémunération comporte beaucoup de primes peut constater un écart important entre son dernier revenu d’activité et sa pension principale.
Que se passe-t-il si je pars avant d’avoir tous mes trimestres ?
Vous subissez une décote de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres (soit -25 % maximum). Cette décote est définitive et irréversible — elle s’applique toute votre vie à chaque versement de pension.
Comment demander sa retraite en tant que fonctionnaire ?
La demande s’effectue via votre administration d’appartenance, généralement 6 à 12 mois avant la date souhaitée de départ. Le dossier est ensuite instruit par la CNRACL (FPT et FPH) ou le SRE (FPE). Vous pouvez aussi consulter votre espace personnel sur info-retraite.fr pour simuler vos droits.
Un fonctionnaire peut-il cumuler sa pension avec un emploi dans le privé ?
Oui, dans le cadre du cumul emploi-retraite libéralisé, si vous avez liquidé tous vos droits à taux plein. Dans ce cas, il n’y a plus de plafond de revenus. Lisez notre article sur le cumul emploi-retraite 2026 pour les détails.
Un fonctionnaire peut-il racheter des trimestres ?
Oui. Il est possible de racheter des trimestres d’études supérieures via un versement pour la retraite (limité à 12 trimestres). Le coût dépend de votre âge et de votre traitement au moment du rachat. Plus vous rachetez tôt dans votre carrière, moins c’est cher.
Quelle est la différence entre le régime des fonctionnaires et le régime général ?
La principale différence est la base de calcul : 75 % du dernier traitement indiciaire pour les fonctionnaires vs moyenne des 25 meilleures années de salaire plafonné pour le privé. Les fonctionnaires n’ont pas de retraite complémentaire comparable à l’Agirc-Arrco, mais ils cotisent obligatoirement à la RAFP sur une partie de leurs primes et rémunérations accessoires. La pension peut être plus avantageuse pour les carrières avec des indices élevés en fin de carrière, mais moins favorable pour les agents touchant beaucoup de primes.
En résumé
La retraite des fonctionnaires en 2026 reste un régime spécifique, mais elle ne doit pas être présentée comme simplement « 75 % du dernier salaire ». Les points essentiels à retenir :
- l’âge légal augmente progressivement jusqu’à 64 ans pour les sédentaires nés à partir de 1969 — pas avant ;
- la pension principale est calculée sur le traitement indiciaire brut, et non sur la rémunération globale primes comprises ;
- le taux plein signifie absence de décote, tandis que le taux maximal de liquidation est en principe de 75 % ;
- les catégories actives et super-actives conservent des règles de départ anticipé, mais celles-ci dépendent du corps et de la durée de services actifs ;
- le minimum garanti 2026 peut atteindre 1 366,35 € brut mensuels, mais il dépend de conditions précises ;
- la retraite progressive est accessible dès 60 ans sous conditions depuis le 1er septembre 2025.
Votre situation dépend de votre corps, de votre catégorie, de vos services liquidables, de vos périodes dans le privé, de vos enfants, de vos bonifications et de vos primes. Avant toute décision, vérifiez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr et demandez une simulation officielle auprès de votre administration, du SRE ou de la CNRACL.
Vous avez des questions sur votre situation personnelle ? Des doutes sur votre calcul de pension ou vos droits à la retraite ? Venez en discuter avec d’autres fonctionnaires et des spécialistes sur notre forum : forum.mondedutravail.fr
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